Livres des Proverbes, chapitre 31

31 :1 Paroles du roi Lemuel. Sentences par lesquelles sa mère l’instruisit.

31:2 Que te dirai-je, mon fils ? Que te dirai-je, fils de mes entrailles ? Que te dirai-je, mon fils, objet de mes vœux ?

Après Agur, c’est à Lemouel, un autre personnage inconnu que le livre des Proverbes donne la parole. Si Lemouel parle ici, il ne le fait pas de lui-même. Exerçant la royauté, il partage avec nous les instructions précieuses que, sa mère, en vue de sa fonction, lui prodigua. En cela, la fin du livre des Proverbes rejoint la façon avec laquelle il a débuté. Tout le livre est porteur d’un enseignement destiné aux jeunes pour qu’ils acquièrent connaissance et réflexion : Proverbes 1,4. La première voie préconisée pour se faire est d’inciter le jeune à écouter l’instruction de son père et l’enseignement de sa mère : Proverbes 1,8. La logique du livre, qui veut que mère et père soient considérés comme les premiers formateurs de l’enfant à la voie de la sagesse, est ainsi respectée.

En rapportant les propos de sa mère, le roi Lemouel, et c’est le thème de tout le dernier chapitre, honore la femme. C’est ici aussi une question d’équilibre. Salomon, tout au long de ses maximes, n’a pas manqué de souligner les défauts de la femme, séductrice, querelleuse, dangereuse pour l’homme. Il ne faudrait pas oublier qu’à l’origine, elle est aussi le plus beau cadeau que Dieu lui a fait. Le portrait de la femme vertueuse que Lemouel va dresser ici est là pour le rappeler.

Outre ce portrait, les instructions de la mère de Lemouel, en vue de sa future fonction, se résument à peu de choses. Elle le met en garde à l’égard de deux péchés, communs à ceux qui détiennent le pouvoir, et l’incite à un devoir. Il ne faut souvent pas grand-chose pour qu’un règne se passe bien ou mal. Un seul vice dont on se garde ou une seule vertu que l’on cultive peuvent changer beaucoup. N’ayons pas peur d’avoir des principes ! Ils sont des garde-fous qui nous éviteront bien des déboires. Nous aussi, comme Lemouel, sommes appelés à régner dans la vie par Jésus-Christ. Ne laissons donc pas le péché, par la convoitise, exercer sa domination sur nous : Romains 5,17 ; 6,12.

31:3 Ne livre pas ta vigueur aux femmes, et tes voies à celles qui perdent les rois.

Le premier danger duquel la mère de Lemouel tient à le prévenir fait écho à l’une des règles prescrites par la loi de Dieu aux rois. « Que le roi, dit la loi, n’ait pas un grand nombre de femmes, afin que son cœur ne s’écarte pas (de Dieu, de la justice…) : Deutéronome 17,17. Que Dieu le dise devrait suffire à ce que cette parole soit écoutée. Elle a d’autant plus de poids lorsque, avec Dieu, c’est aussi une femme qui le déclare. Il n’est pas difficile de trouver dans l’histoire des exemples qui justifient le bien-fondé de l’avertissement donné ici. Cadeau donné à l’homme, la femme peut-être son atout le plus précieux, mais, à cause du péché, son occasion de chute par excellence.

Il est vital pour chaque homme, d’autant plus s’il exerce de hautes responsabilités, de se connaître. Pour s’être cru plus forts qu’ils n’étaient, nombreux sont ceux qui sont tombés dans le piège dénoncé ici. Le conseil de la mère de Lemouel n’est pas vain. Il a d’autant plus de force qu’elle demande à son fils d’aller à contre-courant d’une pratique habituelle pour les rois de l’époque : celle qui consiste à se constituer des harems. Salomon lui-même, à qui Dieu avait pourtant conféré une sagesse extraordinaire, en sera une victime : 1 Rois 11,1 à 8. Que son triste exemple nous instruise ! Gardons-nous des convoitises de notre cœur, notre pire ennemi ! Soyons prêts à ne pas nous conformer au monde, mais laissons-nous, au contraire, transformer dans notre intelligence de manière à ce que nous puissions offrir à Dieu nos corps en vue d’un culte qui Lui soit agréable : Romains 12,1 à 2.

31:4 Ce n’est point aux rois, Lemuel, ce n’est point aux rois de boire du vin, ni aux princes de rechercher des liqueurs fortes,

31:5 De peur qu’en buvant ils n’oublient la loi, et ne méconnaissent les droits de tous les malheureux.

31:6 Donnez des liqueurs fortes à celui qui périt, et du vin à celui qui a l’amertume dans l’âme ;

31:7 Qu’il boive et oublie sa pauvreté, et qu’il ne se souvienne plus de ses peines.

Après le danger que représente la promiscuité sexuelle avec de nombreuses femmes, la seconde mise en garde de la mère de Lemouel, futur roi, porte sur le danger que représente l’ivresse. La mère de Lemouel n’est pas la seule à donner cet avertissement dans l’Ecriture. L’Ecclésiaste le fait aussi. Il déclare bienheureux le peuple dont le roi et les princes mangent au temps convenable et ne versent pas dans la beuverie : Ecclésiaste 10,16-17. Nous le savons tous : rien n’est pire que l’ivresse qui fait perdre à celui qui en est pris le sens des réalités. Belschatsar, le roi babylonien, l’apprendra à ses dépens, lui qui, en une nuit, perdra, à cause du vin, son royaume et sera jugé par Dieu : Daniel 5.

A cause de ses responsabilités, il est vital qu’à tout moment le roi soit pleinement lucide. Son rôle est d’être le gardien du droit, le défenseur de la cause des malheureux. Aussi la sobriété est-elle de mise pour lui, comme elle l’est également de tout responsable d’église : 1 Timothée 3,2-3. Si déjà l’alcool fait perdre le sens des réalités, ne le donnons pas aux rois ! Réservons-le plutôt comme dérivatif à celui qui souffre à l’intérieur de lui-même pour que, pour un temps, sa peine soit allégée.

31:8 Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés.

31:9 Ouvre ta bouche, juge avec justice, et défends le malheureux et l’indigent.

Plutôt que d’être connu pour un buveur ou un fêtard, que le roi mette plutôt sa fierté dans l’accomplissement du plus noble des devoirs qui lui reviennent : être l’avocat, le défenseur des sans-droits. Le roi a le privilège de l’autorité suprême. Son pouvoir d’influence et d’arbitrage est donc sans limite. Il peut là où il le veut redresser les torts commis à l’encontre des plus faibles, sanctionner les coupables d’exactions avérées dans son royaume. Oui ! L’exercice et la défense de la justice doivent primer par-dessus tout dans les priorités d’un roi. C’est à ce devoir que la mère de Lemouel, soucieuse du bon exercice de sa fonction, appelle son fils.

V 10 à 31 : portrait de la femme vertueuse

Nous arrivons avec cette dernière partie du livre des Proverbes à son épilogue. Comme il en est de notre espérance, nous pouvons dire de lui que le meilleur vient à la fin. Tout au long de ce recueil de maximes que Dieu a voulu nous laisser dans Son Livre, nous avons reçu de Sa part de multiples conseils et avertissements qui touchent à tous les aspects de notre vie. Il y manquait cependant une chose. Car aussi sage que soit un homme, son bonheur dépend en grande partie de celle qui est sa compagne. Dieu n’a pas donné à l’homme la femme comme servante, mais comme partenaire. Et si l’Ecriture lui demande d’être soumise à son mari : Ephésiens 5,22, de reconnaître que c’est à lui que Dieu a donné le mandat de chef du foyer, pour autant cette soumission n’est pas servile. Dans le cadre du partenariat qu’elle vit avec son mari, la femme a beaucoup de libertés. Elle peut faire prendre multiples initiatives. Elle peut être le soleil de sa maison. C’est ce dont témoigne le portrait dressé ici de la femme de valeur !

Un homme peut ne pas être riche ! S’il a, à son côté, une épouse de valeur, il possède plus que celui qui a une rivière de diamants. Qui dira tous les biens qu’est une femme vertueuse pour sa maison ? Ce passage du Livre des Proverbes, s’il n’est pas exhaustif, nous en donne un aperçu impressionnant.

  • Le premier béni par elle, dit l’auteur, est son mari. A cause de ses qualités, son cœur peut être dans le repos. Il n’a à craindre aucune surprise désagréable : v 11. Sa réputation contribue largement à la renommée sociale de son époux : v 23. Elle est pour lui ce que Paul dit que la femme doit être pour son mari : sa gloire : 1 Corinthiens 11,7. Aussi ne peut-il, lui et ses enfants, que la louer, la féliciter, lui exprimer leur reconnaissance : v 28. La femme de valeur ne fait que contribuer au bonheur de sa maisonnée, elle fait aussi le sien.
  • Le moins qu’on puisse dire est que la femme de valeur n’est pas paresseuse. Alors que tout le monde dort encore, elle est déjà debout, planifiant les tâches de la journée : v 15. La nuit même, alors que les autres sont partis se coucher, sa lampe est encore allumée : v 18. la femme vertueuse ne se tue pas pour autant au travail. Elle a juste de la joie à servir et à assumer ses responsabilités.
  • La femme de valeur est dégourdie. Selon l’expression populaire, elle n’a pas les deux pieds dans le même sabot. Elle a à la fois l’étoffe d’un chef d’entreprise et les qualités d’un bon gestionnaire. Elle est économe et travaille elle-même de ses mains pour fabriquer ce dont son mari et ses enfants ont besoin pour se vêtir ou se protéger du froid, par exemple : v 13, 19,21-22. Elle est intelligente, prévoyante ! Elle anticipe ce dont elle a besoin et programme à l’avance comment elle peut l’obtenir : v 14. Elle n’hésite pas à investir si elle discerne qu’il y a là, devant elle, l’opportunité d’un bon placement : v 16.
  • La femme de valeur est un bon manager. Elle sait distribuer, répartir les tâches au personnel de sa maison : v 15. Elle est attentive à la bonne marche de sa maison : v 27.
  • La femme de valeur n’est pas égoïste, rapiat. Elle a le cœur sensible aux besoins du pauvre, du déshérité, de celui qui est dans le besoin et qui, peut-être, frappe à sa porte pour être secouru : v 20.
  • La femme de valeur est un puits de sagesse, une source d’inspiration et de bon conseil pour de multiples personnes : v 26. Elle incarne le type même de femme d’expérience qui, selon Paul, est apte à enseigner le bien et apprendre aux plus jeunes à aimer leur mari et leurs enfants : Tite 2,3 à 5.
  • La femme de valeur est une femme pieuse. Elle porte en elle le respect et la crainte de Dieu, source et secret de toutes ses qualités : v 30. Le souci de la femme vertueuse n’est pas d’être belle, gracieuse, agréable à regarder sur le plan physique. Elle privilégie une beauté d’un tout autre ordre : celle que Pierre appelle la parure du cœur, celle impérissable d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu : 1 Pierre 3,3.

S’il y a des femmes qui méritent, dans le monde, d’être honorée, médaillée, ce sont de telles femmes, dit en terminant l’auteur : v 31. Si ici-bas, elles viendraient à manquer de reconnaissance, qu’elles n’en aient crainte. La justice de Dieu saura, en temps voulu, la récompenser pour ses multiples œuvres de bonté.

Que cette perspective soit celle qui nous motive à vivre selon les multiples conseils de sagesse reçus dans ce livre !

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Livre des Proverbes, chapitre 30

30 :1 Paroles d’Agur, fils de Jaké. Sentences prononcées par cet homme pour Ithiel, pour Ithiel et pour Ucal.

Hormis la mention qui est faite ici de son nom, nous ne savons rien sur l’auteur des paroles qui nous sont rapportées dans ce chapitre. Sa réputation de sage fut cependant suffisamment grande et étayée pour que soit reconnue l’inspiration divine derrière ses propos. Ceux-ci nous sont présentés sous forme de sentences destinées à deux personnes précises, peut-être des disciples, des amis ou des fils, à l’image de Théophile pour Luc : Luc 1,3 ; Actes 1,1. Le mot exprime soit un jugement d’ordre moral : Psaume 51,4, soit une parole prophétique à laquelle on veut donner un poids particulier : Esaïe 13,1 ; 30,6. La place accordée à Agur étant minime, en ce qui concerne la quantité, ses paroles revêtent d’autant plus d’importance. Prenons-les comme le témoignage du parcours de vie d’un sage livrant l’essence de sa réflexion à des bien-aimés dans l’objectif de les amener, par quelques leçons de vie, à suivre la voie de la sagesse.

V 2 à 4 : De l’ignorance d’Agur

30:2 Certes, je suis plus stupide que personne, et je n’ai pas l’intelligence d’un homme ;

30:3 Je n’ai pas appris la sagesse, et je ne connais pas la science des saints.

30:4 Qui est monté aux cieux, et qui en est descendu ? Qui a recueilli le vent dans ses mains ? Qui a serré les eaux dans son vêtement ? Qui a fait paraître les extrémités de la terre ? Quel est son nom, et quel est le nom de son fils ? Le sais-tu ?

Si Agur a le souci de partager avec Ithiel et Ucal ce que la sagesse lui a appris, il ne se présente pas pour autant auprès d’eux comme un puits de science. Agur a l’humilité des sages, de ceux qui ont saisi, qu’au-delà de leur savoir, de ce qu’ils ont appris et compris, il y a plus de questions auxquelles ils n’ont pas de réponse que l’inverse. Ce qui fait la joie du sage est le bonheur qu’il ressent d’être entré, par la grâce de Dieu, dans la connaissance de la vérité, des choses ultimes et sublimes. Mais il sait aussi que ce que ses yeux ont vu, ce que son cœur a perçu n’en est que le bord. Le sage est comme le nageur. L’aventure qu’il peut vivre en se lançant dans les eaux est, certes, exaltante, mais elle n’est qu’infime en comparaison de l’étendue des mers qu’il lui reste à découvrir. Même si, par Jésus-Christ, nous avons reçu la grâce de savoir plus de choses qu’Agur, ce n’est que par outrecuidance que l’on prétendrait tout connaître. C’est là, en effet, le programme de la vie éternelle : connaître Dieu et Celui qu’Il a envoyé, Jésus-Christ : Jean 17,3.

Aussi important soit-il, Agur a conscience que ce qu’il partage à ses amis a ses limites : celles de son propre vécu. Il y autour de lui des immensités qui le dépassent et pour lesquelles il n’a que des questions. Acceptons nous aussi cette réalité. Nous ne sommes que d’hier et demain ne nous verra déjà plus. Certaines des questions qu’Agur s’est posé ont trouvé leur réponse. Agur ne connaissait pas le nom du fils de Dieu. Depuis qu’Il est paru, nous le connaissons ! Il se nomme Jésus-Christ ! De grands mystères demeurent cependant pour nous, même si certains ont été levés, dévoilés. Paul, malgré les nombreuses révélations dont il a été l’objet, le dit : nous ne sommes que des vases d’argile, et le potier n’a pas à rendre compte à ceux-ci de tout ce qu’il fait : Romains 9,20-21. Imitons cependant la démarche d’Agur ! Enrichissons-nous mutuellement ! Partageons avec nos proches, nos frères ce que nous avons reçu, entendu, compris des enseignements de la sagesse. Ce sera là le moyen pour nous d’aller plus loin que ce que notre propre expérience permet !

30:5 Toute parole de Dieu est éprouvée. Il est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui un refuge.

30:6 N’ajoute rien à ses paroles, de peur qu’il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur.

Après avoir confessé son ignorance, Agur partage à Ithiel et Ucal ce qui constitue à ses yeux le fondement solide sur lequel on peut construire sa vie : la parole de Dieu. Oui, il y a autour de nous d’innombrables mystères, une infinité de choses qui nous dépassent. Pour autant, cela ne signifie pas que nous devions vivre dans un fatalisme résigné. Parce qu’Il nous aime et nous a conçus dans le cadre d’un dessein qu’Il s’est formé en Lui-même : Ephésiens 1,9, Dieu a tenu à mettre sous nos pieds le terrain sur lequel nous pouvons nous tenir pour bâtir nos vies avec succès. Malgré l’immensité des espaces qui nous entourent, nous ne sommes pas livrés à nous-mêmes. Nous pouvons nous tenir en sécurité dans un endroit précis, sûr, la terre ferme et solide de la Parole de Dieu. Hors d’elle, précise l’apôtre Paul, plus rien n’est certain. Nous devenons des enfants flottants dans les airs, emportés par tout vent de doctrine, ballotés deci delà sans rien auquel nous raccrocher : Ephésiens 4,14. Où se trouve le secret de la vie, du bonheur, la garantie de la réussite ? Agur, comme Salomon, comme Jésus ou les apôtres le disent : dans une vie solidement enracinée dans les vérités et les promesses de la Parole de Dieu. Fort de cette certitude, Agur insiste auprès de ses deux protégés : la Parole de Dieu doit être traité avec le plus grand respect. Il ne s’agit pas de la lire et de la déformer, en lui faisant dire ce qu’elle ne dit pas. Il s’agit de l’étudier avec rigueur pour en découvrir le vrai enseignement. Jacques avertit sur ce point tous ceux qui prennent la parole pour enseigner l’Ecriture aux autres : ils seront jugés plus sévèrement que tout autre : Jacques 3,1. Soyons-en conscients : Dieu apprécie moins  que nous encore que Sa Parole soit falsifiée, déformée, qu’on y ajoute ce qu’Il n’a pas dit. Notre parole est relative, sujette à l’erreur, la fausse interprétation. Sa Parole est éprouvée, elle est la vérité. Toute déviation, fausse interprétation de notre part n’est pas seulement une erreur ! C’est un crime contre Sa Personne, du même ordre que celui que commit le diable, le serpent ancien en Eden, le père du mensonge : faire dire à Dieu ce qu’Il n’a pas dit : Genèse 3,5 !

30:7 Je te demande deux choses : ne me les refuse pas, avant que je meure !

30:8 Éloigne de moi la fausseté et la parole mensongère ;  ne me donne ni pauvreté, ni richesse, accorde-moi le pain qui m’est nécessaire.

30:9 De peur que, dans l’abondance, je ne te renie et ne dise: Qui est l’Éternel ? Ou que, dans la pauvreté, je ne dérobe, et ne m’attaque au nom de mon Dieu.

Ce ne sont pas que ses paroles, mais toute sa vie, tout ce qu’il est qui témoigne de la sagesse qui habite dans le sage. Le sage Agur, nous l’avons-vu, est un homme humble. Face à tout ce qui le dépasse, il sait que ce dont il est certain est infime en rapport avec ce qui lui reste à découvrir. Le sage Agur a compris que ce n’est pas à sa propre intelligence, ses propres pensées qu’il doit se fier pour construire sa vie ; le seul terrain solide, éprouvé sur lequel il puisse se tenir est celui de la Parole de Dieu. Outre ces deux marques, il y a en a ici une 3ème par laquelle nous sommes témoins de l’œuvre de Dieu et de la sagesse dans sa vie : le contenu de sa prière. Un homme peut dire beaucoup de choses à son sujet ! Mais ce sont ses prières qui, peut-être, rendent compte le mieux de ce qui habite, préoccupe son cœur. Les demandes qu’Agur formule à Dieu dans la prière ne sont pas nombreuses et compliquées. Mais elles témoignent toutes d’une chose : son souci de veiller à ce que rien, aussi bien dans sa vie secrète que dans sa vie sociale ne l’éloigne de Dieu !

Le premier sujet de prière d’Agur touche à son âme. Le plus grand danger qu’il perçoit à son sujet est le mal qui, dans l’Ecriture, est dénoncé comme la cause, la source de tous les autres : le mensonge, la fausseté. Comme David, Agur sait que ce que Dieu veut est que la vérité soit au plus profond des cœurs : Psaume 51,8. A partir du moment où un homme se ment à lui-même, il ment à Dieu et aux autres. Il y a là un processus inévitable. Agur craint comme la peste pour lui-même cette faiblesse coupable qui nous amène à tolérer de plus en plus le mensonge ou les demi-vérités, choses que Dieu hait aussi (souvenons-nous d’Ananias et Saphira : Actes 5,1 à 5). Prenons-en acte : Dieu n’a aucune sympathie pour celui qui se ment à lui-même et qui ment aux autres !

Le second sujet de prière d’Agur touche à son style de vie dans ce monde. Agur discerne, dans la relation qu’il a avec les biens de ce monde, un double danger pour son âme et sa relation avec Dieu. Le premier vient d’une trop grande richesse, d’une trop grande aisance, d’une trop grande facilité de vie. Si le confort est agréable pour le corps, il peut mettre l’âme en danger. Il peut amener celui qui vit dans l’opulence à oublier Dieu, et à oublier surtout que c’est à Lui et à Lui seul qu’il doit tous les biens dont il jouit. « C’est à moi seul, pense-t-il, à mon travail, que je dois ce que je dois ! » Erreur funeste qui risque de l’entraîner dans l’égoïsme et l’ingratitude à l’égard de Celui de qui viennent toutes choses. L’or et l’argent ne nous appartiennent pas, rappelle l’Ecriture. Ils sont à Dieu : Aggée 2,8.

Si la richesse est un danger pour l’âme et notre relation avec Dieu, Agur considère que la pauvreté peut l’être tout autant. Pressé par la pauvreté, un homme, dit Agur, peut en arriver à commettre des actes condamnables qu’il ne ferait pas dans des conditions normales. La pauvreté n’est, aux yeux de Dieu, ni une circonstance atténuante, ni une excuse valable pour justifier le vol, l’appropriation d’un bien qui appartient à autrui. On ne tient pas pour innocent le voleur qui dérobe pour satisfaire son appétit, quand il a faim : Proverbes 6,30.

La prière d’Agur consiste donc pour lui à demander à Dieu ni richesse, ni pauvreté. Ce qu’il désire dans ce domaine est qu’il ait suffisamment pour vivre, pour qu’il ne soit en danger ni d’un côté, ni de l’autre. Dans le monde matérialiste dans lequel nous vivons, sa prière nous interpelle et nous pose question. Suis-je conscient du grave danger que peut faire courir à ma relation avec Dieu le confort, l’aisance ? Suis-je conscient du danger que peut faire courir à son âme la pauvreté du pauvre ? Comment en tant que riche puis-je lui éviter cela ?

30:10 Ne calomnie pas un serviteur auprès de son maître, de peur qu’il ne te maudisse et que tu ne te rendes coupable.

Alors que j’étais jeune, responsable dans un premier emploi d’un département d’une petite entreprise, je fus l’objet de l’intention malveillante d’un collègue responsable d’un autre département. Sans que je le sache, celui-ci notait sur un carnet toutes les erreurs que j’avais pu commettre pour les rapporter au patron de l’entreprise. Bien qu’à ce moment je n’étais pas chrétien, je ne l’ai pas maudit. Il agissait sans doute par jalousie. Le patron a su faire preuve de suffisamment d’intelligence pour ne pas sévir contre moi. Il faut que celui qui pense abuser de son pouvoir contre quelqu’un dont le statut ne lui permet pas de se défendre fasse attention. Car le plus fort n’est pas celui qui a le statut le plus élevé, mais celui qui se tient dans la vérité. Lorsque la vérité éclate, c’est le menteur qui est perdant, quelle que soit la position qu’il occupe dans la hiérarchie. Outre cela, le danger que court celui qui cherche le mal d’un autre est de s’en faire un ennemi. Et à ce jeu-là, personne ne sait qui gagnera ! Comment, en tant qu’enfant de Dieu, réagir justement dans la situation évoquée dans ce proverbe ? L’apôtre Paul nous apporte la réponse : « Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas… Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère ; car il est écrit : A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur…. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien : Romains 12,14 à 21.

V 11 à 14 : la race des méchants

30:11 Il est une race qui maudit son père, et qui ne bénit point sa mère.

30:12 Il est une race qui se croit pure, et qui n’est pas lavée de sa souillure.

30:13 Il est une race dont les yeux sont hautains, et les paupières élevées.

30:14 Il est une race dont les dents sont des glaives et les mâchoires des couteaux, pour dévorer le malheureux sur la terre et les indigents parmi les hommes.

S’il y a sur la terre une race élue : 1 Pierre 2,9, il y a aussi une engeance qui porte de façon marquée le caractère de celui dont elle est issue. Comme leur père, les fils du malin n’ont aucun respect, ni aucune reconnaissance envers ceux qui leur ont donné la vie. Le Malin ne supporte par Dieu de qui il vient. Il le hait à cause de l’autorité qu’Il représente. La race des méchants agit de même envers ses parents biologiques. Preuve en a été donnée récemment par le crime impensable d’un djihadiste décapitant sa mère qui l’exhortait à renoncer à sa folie. Paul nous avertit : les derniers jours verront une amplification générale du mal dont l’un des signes sera une rébellion accrue des enfants contre leurs parents : 2 Timothée 3,2. Outre cette caractéristique, Agur cite trois autres traits significatifs de la race des méchants. Le premier est une hypocrisie criante, un déni profond de ce que le méchant est. Alors qu’ils sont pires, plus corrompus, plus souillés que les autres, les fils du malin se croient meilleurs que tous. Ils se présentent aux autres comme les modèles à suivre, prêts pour cela à appeler le mal bien. Un autre trait de ressemblance des fils du Malin avec leur père est leur arrogance démesurée, leur attitude hautaine qui fait qu’ils regardent de haut tous ceux qui ne pensent pas comme eux ou ont l’outrecuidance de dénoncer leur mauvaise manière de penser ou d’agir. Qui ne ressent pas aujourd’hui cet orgueil et ce mépris de la part de ses fils du Malin à la tête de notre monde ! Les fils du Malin sont enfin la cause des grands malheurs du monde, des guerres, des violences, des exactions qui causent la souffrance des faibles, des nécessiteux et des petits. Pour autant, ne désespérons pas ! S’ils prolifèrent en nos jours, vient le moment où le Fils de l’homme arrachera de Son royaume tous les fils des ténèbres pour les jeter dans la fournaise ardente où il y aura de nombreux pleurs et grincements de dents. Les justes alors brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père : Matthieu 13,41 à 43. Que cette espérance glorieuse nourrisse le cœur de tous les élus !

V 15 à 31 : proverbes numériques

30:15 La sangsue a deux filles: Donne ! Donne ! Trois choses sont insatiables, quatre ne disent jamais: Assez!

30:16 Le séjour des morts, la femme stérile, la terre, qui n’est pas rassasiée d’eau, et le feu, qui ne dit jamais: Assez!

Une des meilleures façons de faire comprendre une vérité est de l’illustrer. Jésus le savait ! Aussi n’hésita-t-Il pas à user avec abondance de paraboles, d’images empruntées au domaine naturel pour appuyer l’enseignement spirituel qu’Il prodiguait. Agur est aussi sur cette ligne ! Que veut-il dire, par les sentences qu’il emploie ici, à Ithiel et Ucal ?

Il existe dans le monde animal un parasite qui, lorsqu’il se colle à quelqu’un, le suce de manière indéfinie jusqu’au sang. Cet animal est si réputé à ce sujet qu’il tire son nom commun de cette réalité. Il s’agit de la sangsue. La sangsue ne pense qu’à une chose : sucer, prendre, ponctionner le maximum de ce qu’elle peut retirer chez sa victime qui n’est perçue par elle que comme un réservoir de dons et de ressources. La sangsue n’a pas sa place dans l’Eglise de Jésus-Christ. Le péché dont elle est coupable est sanctionné de nombreuses fois dans le Nouveau Testament. Il s’agit de la cupidité qui est une idolâtrie : Ephésiens 5,4 ; Colossiens 3,5. C’est pourquoi le cupide doit être discipliné : 1 Corinthiens 5,11. Outre l’égoïsme dont il fait preuve, le cupide, comme la sangsue, affaiblit le corps de Christ, en captant son énergie sans rien apporter qui puisse le renouveler. Oui, nous pouvons recevoir du corps de Christ, à condition de lui donner en retour. Que Dieu nous garde d’être des sangsues, des pompeurs d’énergie, de force, de biens pour la communauté de laquelle nous faisons partie !

Si la sangsue est un parasite qui a deux filles jumelles portant le même nom, Agur dénombre trois, puis quatre choses qui sont insatiables dans leur appétit ou leur désir. Parmi les quatre nommés, une seule est douée d’une personnalité et se rapporte au genre humain : c’est la femme stérile. On peut justement penser que, puisque tel est le cas, les autres éléments cités le sont pour un but : nous aider à comprendre à quel point la souffrance, le tourment, la frustration de la femme stérile peuvent être grands. Le feu du désir d’enfant brûle en elle, mais elle n’est jamais satisfaite ! Comme une terre desséchée soupire après l’eau du ciel, elle aussi crie à Dieu pour être l’objet de cette grâce : cf 1 Samuel 1,10 à 12. La femme stérile voit ses années défilées et son âme s’approcher du séjour des morts. Elle s’interroge : finira-t-elle ainsi sa vie, sans rien laisser derrière elle ? La sensibilité d’Agur pour la femme stérile nous interpelle ! Sommes-nous conscients des souffrances cachées, intérieures de ceux et celles qui n’ont pas le privilège de jouir de ce que les autres ont ? C’est à la compassion que nous avons pour les pauvres, les étrangers, la veuve, l’orphelin, le prisonnier, le nécessiteux, l’homme ou la femme seuls que l’Ecriture ne cesse de mesurer la réalité de l’amour. Jésus le dira au jugement final des nations : c’est à Lui que l’on donne ou que l’on refuse de donner quand on le fait pour le plus petit de nos frères qui est devant nous dans le besoin : Matthieu 25,41 à 43. Garde nous, ô Dieu, dans l’aisance, le confort, le bonheur d’être insensible à la souffrance de ceux qui n’ont pas !

30:17 L’œil qui se moque d’un père et qui dédaigne l’obéissance envers une mère, les corbeaux du torrent le perceront, et les petits de l’aigle le mangeront.

Ce proverbe ne fait pas dans la demi-mesure. Il prédit à celui qui se montre méprisant envers son père et sa mère la fin la plus infâme qui soit. En ceci, Agur suit la ligne développée tout au long du livre des proverbes. Celui-ci ne cesse en effet d’exhorter les fils et les filles à respecter, honorer, écouter leurs parents. C’est là, dit-il, le premier commandement de la sagesse, l’un de ceux aussi que Dieu a gravé sur la pierre devant Moïse pour les fils d’Israël : Exode 20,12. Dieu y a attaché, pour qui y obéit, une promesse de longévité : Ephésiens 6,2. A l’inverse, la sentence prononcée ici par Agur assure le fils mauvais, rebelle, outrancier, de la mort la plus ignominieuse. Les corbeaux et les petits des aigles, dont il parle ici, n’ont pas pour habitude de dépecer les humains qui sont morts… sauf si ceux-ci n’ont pas de sépulture. A vivre sans honneur, on meurt aussi de la même façon !

30:18 Il y a trois choses qui sont au-dessus de ma portée, même quatre que je ne puis comprendre :

30:19 La trace de l’aigle dans les cieux, la trace du serpent sur le rocher, la trace du navire au milieu de la mer, et la trace de l’homme chez la jeune femme.

Si ces quatre choses sont au-dessus de la portée d’Agur pour les comprendre, qui sommes-nous pour prétendre être plus intelligents que lui ? Certainement, Agur a passé beaucoup de temps pour déchiffrer ces mystères de la nature. Maintes fois, il a tourné et retourné la question dans son esprit, sans jamais trouver de réponse satisfaisante. En ceci, Agur confirme ce qu’il a déjà dit en introduction de son enseignement. Il y a autour de nous plus de mystères, de questions sans réponse que de choses que nous pouvons expliquer. Nous devons le reconnaître : si, dans la vie, nous décidons de certaines choses, la plupart de celles que nous faisons sont le résultat d’un conditionnement voulu par Dieu, inscrit dans nos gênes. Personne n’a appris à l’aigle à monter dans les cieux et à plonger du zénith vers sa proie. Personne n’a enseigné au serpent à glisser sur le rocher. Il en est de même de cet élan qui porte l’homme vers la femme et vice-versa. Il y a là une trace semblable à celle que laisse le navire sur la mer, un sillage naturel, une signature inscrite par Dieu au plus profond d’eux-mêmes. Seul le péché qui conduit au dérèglement peur le nier !

30:20 Telle est la voie de la femme adultère : elle mange, et s’essuie la bouche, puis elle dit : je n’ai point fait de mal.

Qui d’entre nous peut mesurer les effets pervers du péché sur le cœur et la conscience ? Ce proverbe en témoigne ! Nous ne devons pas nous étonner de constater la cautérisation de la conscience des pécheurs. Elle est inévitable. Plus un homme, une femme s’enfonce dans le péché, moins il en perçoit la gravité. Le péché endurcit, aveugle, rend insolent son auteur qui, la plupart du temps, vit dans son déni. Le pécheur trouve en lui et autour de lui toutes sortes de raisons pour justifier son péché. Les dégâts causés par sa faute ont beau être criants, il les nie ! Seul l’œuvre du Saint-Esprit dans nos cœurs peut ouvrir nos yeux sur la gravité de nos fautes. Nous comprenons alors à quel point, comme David, Dieu est juste envers nous dans sa sentence, sans reproche dans son jugement : Psaume 51,6. Que notre communion avec Lui soit si étroite que le péché nous apparaisse immédiatement pour ce qu’il est : horrible !

30:21 Trois choses font trembler la terre, et il en est quatre qu’elle ne peut supporter :

30:22 Un esclave qui vient à régner, un insensé qui est rassasié de pain,

30:23 Une femme dédaignée qui se marie, et une servante qui hérite de sa maîtresse.

Selon Agur, il y a ici-bas des choses qui, parce qu’elles ne sont pas dans l’ordre normal de la réalité, ne devraient pas être. Ce sont ces choses qui, dit Agur, indignent la terre, la mettent en colère. Certes la terre n’est pas une personne. La Bible témoigne cependant à plusieurs reprises qu’elle n’est pas insensible à ce qui se passe à sa surface. Un pays peut vomir ses habitants à cause de leur souillure : Lévitique 18,25. Le péché de la terre peut peser sur elle au point où elle tombe : Esaïe 24,20. La création, dit Paul, gémit. Elle souffre les douleurs de l’enfantement et soupire en attendant d’avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu : Romains 8,19 à 22. Comme tout ce qui existe, la terre a été faite pour un but. Elle a été donnée à l’humanité pour que celle-ci vive sur elle selon le projet de Dieu. Aussi tout ce qui, sur sa surface, va à l’encontre de cet ordre, ne peut que lui inspirer de la répulsion.

Il serait impossible aujourd’hui d’établir une liste exhaustive des choses qui révulsent la terre. Agur en cite ici 4 qui ont valeur de type :

  1. Un esclave qui vient à régner. Selon Agur, ce n’est jamais une bonne chose quand quelqu’un occupe une fonction qui ne correspond pas à son statut. Chacun, dans la société des hommes, doit être à sa place selon les dons et les possibilités qu’il a reçus. Quelqu’un qui occupe une fonction qui ne correspond pas à son statut ne peut que mal la remplir. Les nuisances seront d’autant plus grandes si le poste en question est élevé !
  2. Un insensé qui est rassasié de pain. Il serait légitime dans ce monde que chacun reçoive selon ce qui lui est dû. Ce n’est souvent pas le cas. Des justes peuvent souffrir, être persécutés et des méchants vivre dans l’aisance, l’opulence, le confort : cf Psaume 73,3-4. La terre ne peut se réjouir de donner ses productions à l’insensé, celui qui ne fait preuve d’aucune retenue, ni reconnaissance envers son Créateur ! Qu’elle se console : le jugement de Dieu vient qui rendra à chacun selon ce qu’il mérite !
  3. Une femme dédaignée qui se marie. Le mariage a pour but de sceller l’union à vie de deux personnes qui s’aiment. Comment un mariage serait-il un jour de joie pour une femme que son futur époux n’aime pas. La terre a été faite pour accueillir le bonheur ! Aussi ne peut-elle que pleurer en voyant le malheur qui jalonne la vie commune de tant de couples !
  4. Une servante qui hérite de sa maîtresse. L’histoire d’Abraham, d’Agar et de Sara nous en fournit la raison. A partir du moment où Agar, la servante de Sara, est devenue la mère porteuse de l’héritier d’Abraham, son mari, plus rien n’a été entre elles. Agar s’est mise à mépriser sa maîtresse qui a répondu à son insolence en la rudoyant : Genèse 16,4 à 6. Il est vital que, dans une maisonnée, chacun reste à sa place. La servante ne doit pas recevoir plus d’honneur que l’épouse, les fils ne doivent pas dominer leur père

Que dans la communauté nouvelle que Dieu nous a donné de former par l’Eglise, chaque chose soit faite dans l’ordre et le bon sens : cf 1 Corinthiens 14,39 à 40 ; Colossiens 2,5.

30:24 Il y a sur la terre quatre animaux petits, et cependant des plus sages ;

30:25 Les fourmis, peuple sans force, préparent en été leur nourriture ;

30:26 Les damans, peuple sans puissance, placent leur demeure dans les rochers ;

30:27 Les sauterelles n’ont point de roi, et elles sortent toutes par divisions ;

30:28 Le lézard saisit avec les mains, et se trouve dans les palais des rois.

L’apôtre Paul le dit dans son épître aux romains : les ouvrages de Dieu sont les premiers témoins de ce qu’Il est. Par eux, nous discernons quelque chose de Sa puissance, mais aussi de Sa sagesse et de Son intelligence. Nos ingénieurs nous le disent : ils n’inventent rien. La plupart du temps, ils ne font que copier Dieu qui a mis dans sa création les modèles qui les inspirent. Face à l’immensité de l’univers, nous sommes, nous humains, souvent émerveillés, ébahis par ce qui nous dépasse, l’infini, le gigantesque. Nous aurions tort cependant de ne considérer que cette dimension des choses. Agur nous le dit : il y a aussi dans le petit des choses étonnantes et admirables. Il cite pour preuve ici quatre animaux des plus petits et des plus sages. Chacun d’eux possède une particularité qui lui est propre de laquelle, nous humains, nous aurions pour notre bien à apprendre :

  • 1er animal : la fourmi. Agur, avant La Fontaine, loue sa prévoyance. La fourmi sait que l’année est faite de saisons. Elle pourrait, comme la cigale, profiter de la belle saison pour se prélasser. Elle ne le fait pas parce ce qu’elle a une vue globale des choses. Elle est consciente que l’été est passager et que, derrière, la saison froide arrive, temps où l’on ne peut plus rien récolter. Apprenons de la fourmi ! Ne vivons pas l’instant présent comme s’il était la seule réalité. Des jours mauvais, froids peuvent succéder à des jours heureux : Ecclésiaste 12,1 ; Ephésiens 5,16 ; 6,13. Nous y sommes-nous préparés ?
  • 2ème animal : le daman. Il s’agit d’un mammifère massif, un peu plus gros qu’un lièvre. Parce qu’il n’est pourvu que de peu de défenses, le daman a trouvé un moyen naturel de se protéger. Il élit domicile dans les rochers. Cela lui procure un double avantage. Il domine de haut les situations, ce qui lui permet de voir arriver de loin un prédateur. Il peut facilement le semer, connaissant comme sa poche toutes les anfractuosités du terrain où il s’est établi. Apprenons du daman ! Il a su trouver dans les hauteurs le refuge dont il avait besoin pour compenser sa vulnérabilité naturelle. Comme le daman, nous sommes des proies faciles pour le diable. Mais il y a un lieu, un rocher sur lequel nous pouvons nous tenir et qui peut nous servir d’abri : l’Eternel : Deutéronome 32,4.13 ; Psaume 18,2 ; Esaïe 26,4.
  • 3ème animal : les sauterelles (ou criquets). Qui vit dans les pays où elles abondent connaît les ravages qu’elles peuvent commettre. Qui donc à la tête d’une telle armée pour qu’elle soit si efficace ? Agur y répond : personne ! Il y a inscrit chez les criquets un principe qui fait que l’individu ne compte pas ou ne vit pas pour lui-même. L’individu sait que c’est dans le groupe qu’est sa force. Détaché du groupe, il n’est rien ou très peu. Autre principe inscrit dans le criquet : chaque élément de chaque division sait qu’il doit être à fond investi pour la cause du groupe auquel il appartient pour que celui-ci soit efficace dans son action. Apprenons du criquet ! Ce n’est pas pour rien que Jésus appelle son Eglise à l’unité sous le gouvernement de son Chef invisible à l’œil humain : Jean 17,20-21. Cette unité seule est garantie d’impact dans le monde. C’est pourquoi Jésus ne conçoit pas autrement la vie chrétienne qu’en Eglise unie, rassemblée sous l’autorité de son Chef : Ephésiens 5,22.
  • 4ème animal : le lézard. La plupart des traductions bibliques ne cautionne pas la version donnée ici. Elles parlent, non pas du lézard qui attrape avec ses mains, mais que l’on peut attraper avec ses mains. Le lézard a quelque chose de merveilleux à nous apprendre. En tant qu’animal, il est très commun. Qui voyage dans les pays chauds en voit partout. Si le lézard est commun, il possède un privilège que peu de personnes possèdent : celui d’habiter dans les demeures les plus grandioses, celles réservées aux rois et aux élites. Sommes-nous conscients que nous avons, en tant qu’enfants de Dieu, le privilège du lézard. Nous aussi sommes, sur le plan naturel, très commun. Rien ici-bas ne nous distingue des autres. Nous jouissons pourtant d’un avantage incommensurable sur les plus grands de ce monde : celui d’avoir librement accès dans le palais, la maison du Roi des rois : Psaume 5,7 ; 23,6 ; 26,8 ; 27,4 ; 65,4 ; 84,2 à 5.10 ; 122,1. Que Dieu nous donne d’utiliser sans réserve ce privilège qu’Il nous a accordé par Jésus-Christ !

30:29 Il y en a trois qui ont une belle allure, et quatre qui ont une belle démarche :

30:30 Le lion, le héros des animaux, ne reculant devant qui que ce soit ;

30:31 Le cheval tout équipé ; ou le bouc ; et le roi à qui personne ne résiste.

Si l’intelligence qui se trouve dans certains animaux rend gloire à leur Créateur, elle n’est pas le seul attribut qui le fait. Leur beauté, la classe de certains d’entre eux, leur élégance, leur fière allure en rend aussi témoignage. Si Dieu est un ingénieur, le plus grand de tous, Il est aussi un artiste, le meilleur de tous. Il aurait pu, s’Il n’avait considéré que le côté utilitaire des choses, ne se préoccuper que de leur efficacité sur le plan pratique ou technique. Mais Dieu aime les belles choses. A cause de la beauté et de la magnificence de Sa Personne, Il aime que ce qu’Il fait soit aussi esthétique. Aussi se fait-Il un point d’honneur à rendre Sa création magnifique, admirable. Pourquoi le ciel, les galaxies, les étoiles existent-ils ? David y répond : le ciel raconte la gloire de Dieu : Psaume 19,1. Le même David, considérant ce qu’il est, s’écriera ailleurs : Je te célèbre car j’ai été fait de façon merveilleuse : Psaume 139,14. Croyons donc avec l’Ecriture qu’il n’y a rien de mal à aimer la beauté, à s’émerveiller devant ce qui est gracieux, distingué. Dieu l’est aussi ! Avec lui, admirons le courage du lion, roi des animaux, qui ne s’effraie devant rien, la classe du cheval (ou du zèbre ou du coq selon les traductions). Apprenons à bien regarder le bouc : Dieu y trouve aussi des qualités admirables. Tous nous parlent d’une certaine manière de notre Dieu. Tous ont l’allure royale du souverain au milieu de ses armées ! Que Ta gloire est grande, ô Dieu, au milieu de Tes œuvres !

30:32 Si l’orgueil te pousse à des actes de folie, et si tu as de mauvaises pensées, mets la main sur la bouche :

30:33 Car la pression du lait produit de la crème, la pression du nez produit du sang, et la pression de la colère produit des querelles.

C’est par une invitation à la retenue qu’Agur conclut le condensé de l’enseignement qu’il a voulu laisser en guise d’héritage à Ithiel et Ukal. Se faisant, Agur exprime avec lucidité la vision qu’il a des limites humaines quant à leur capacité à contenir le mal. Livrés à nous-mêmes, nous ne nous maîtrisons pas davantage qu’un fleuve en furie. Nous débordons de tous côtés par notre orgueil, notre arrogance, notre intempérance. Aussi, il apparaît que, dans cette vie, une des marques les plus évidentes de la sagesse est la capacité qu’a un homme de se dompter lui-même en s’imposant une retenue face à ce qui pourrait vite dégénérer en querelles et conflits. Pour l’avoir expérimenté, chacun connaît quels sont les ressorts qui y conduisent inexorablement. Une seule solution est à notre portée pour y échapper. Elle consiste à enrayer les automatismes qui, dans notre cœur, conduise de l’orgueil à la colère, et de la colère à la dispute. Dans son analyse du mécanisme qui produit le péché, Agur a raison. Le péché obéit à une loi d’entraînement. Il est soumis au principe de cause à effet. Seule la puissance d’une autre loi, celle qui procède de la grâce, a le pouvoir de l’annuler. La grâce seule peut nous amener, malgré la pression de la chair, à reprendre le contrôle de nous-mêmes. Elle le fait parce qu’elle nous soustrait à la domination du péché pour nous placer sous l’autorité et la puissance de l’Esprit. Béni soit Dieu qui, par sa puissance en nous, nous sort du cercle vicieux du péché duquel nous étions prisonniers ! Que, par Sa grâce et Sa sagesse, Il nous donne de vivre de plus en plus en liberté à l’égard de nous-mêmes !

 

 

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Livre des Proverbes, chapitre 29

29 :1 Un homme qui mérite d’être repris, et qui raidit le cou, sera brisé subitement et sans remède.

Ce n’est pas la méthode de Dieu de briser les gens. Le brisement se produit lorsque, malgré tous les moyens mis en œuvre pour avertir, reprendre, les récalcitrants s’entêtent dans leur attitude outrancière et orgueilleuse. Nous sommes d’un naturel si mauvais, si égoïste qu’il y a des moments dans notre vie où il est juste que nous soyons repris. Ce moment est un test important qui, selon la réponse que nous lui donnons, peut changer de manière décisive notre avenir. Ou nous écoutons et prenons acte de ce qui nous est reproché et, dans Sa grâce, Dieu poursuit sa route avec nous ; ou nous nous raidissons et il se peut que le châtiment de Dieu nous brise de manière irrémédiable. Un des principaux reproches adressés par Dieu à Israël fut qu’il avait un cou, une nuque raide : Exode 32,9 ; Actes 7,51. Que, par Sa grâce, Il nous donne de les voir s’assouplir de plus en plus !

29:2 Quand les justes se multiplient, le peuple est dans la joie ; quand le méchant domine, le peuple gémit.

Ce proverbe rejoint ceux qui, précédemment, traitent le même sujet : Proverbes 28,12.28. Il établit de nouveau le contraste remarquable qui se produit dans le climat social d’un peuple, suivant que ce soient les justes ou les méchants qui exercent l’influence déterminante sur lui. Un peuple est une entité comparable à un corps. Si l’organisme est sain, tout le corps se sent bien. Mais s’il est infecté, tout le corps souffre. La souffrance ressentie par un peuple, son désespoir, sa détresse est le reflet du mal qui le ronge. Sa joie de vivre est, à l’inverse, le symptôme d’un état satisfaisant. Parce que seuls des justes y seront, le ciel est le seul endroit du bonheur parfait. Réjouissons-nous d’y être un jour !

29:3 Un homme qui aime la sagesse réjouit son père, mais celui qui fréquente des prostituées dissipe son bien.

Il n’est pas impossible que Jésus ait pensé à ce proverbe en racontant l’histoire du père et de ses deux fils : Luc 15,11 à 31. Il est, en effet, le thème sous-jacent de l’histoire. Aimer la sagesse ne signifie pas se comporter comme le fils aîné de la parabole qui, apparemment, semblait irréprochable. Si c’est seulement le devoir qui nous retient de faire le mal, nous n’aimons pas encore. Aimer, c’est privilégier le bien en soi au-dessus de tout. Qui fréquente les prostituées assouvit la forte passion qu’il ressent en lui-même pour le plaisir. Aimer la sagesse, c’est faire preuve d’une passion aussi puissante pour la Parole de Dieu, les idées, les vérités qu’elle contient. Qui a un fils passionné pour Dieu ne peut que s’en réjouir !

29:4 Un roi affermit le pays par la justice, mais celui qui reçoit des présents le ruine.

Il n’est pas étonnant que l’apôtre Paul nous invite à prier pour les rois et tous ceux qui sont élevés en dignité : 1 Timothée 2,2. C’est en grande partie sur eux, en effet, que repose l’état du pays sur lequel ils ont été établis souverains. Un roi responsable, qui a cœur le bien du peuple sur lequel il règne, le prouve par le souci qu’il a de la justice et de l’équité. Il désirera que ces vertus ne s’appliquent pas seulement aux autres, mais dans sa propre vie d’abord. Un roi digne de ce nom se doit d’être incorruptible. Si ce n’est pas le cas, il ne faut pas s’étonner que le pays aille mal. Quand les élites qui dirigent une nation pensent d’abord à elles-mêmes, leurs intérêts, leur carrière, et sont avides de prélèvements, c’est toujours ceux sur qui elles exercent leur pouvoir qui trinquent.

29:5 Un homme qui flatte son prochain tend un filet sous ses pas.

Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute, dit Lafontaine dans sa fable du corbeau et du renard. C’est dans la bouche du diable que, pour la première fois, on trouve la flatterie. Il assura à nos premiers parents que désobéir à Dieu ferait d’eux des dieux : Genèse 3,5. La suite de l’histoire nous montre jusqu’à aujourd’hui ce qu’il en est advenu. N’écoutons pas les flatteurs : ils ne pensent pas une seconde ce qu’ils nous disent. Leur unique ambition est de faire de nous un trophée de chasse supplémentaire dans la galerie des naïfs qu’ils ont escroqué. Jésus, en Son temps, a dû faire face à toutes les ruses du diable pour le faire chuter, y compris la flatterie : Matthieu 22,15-16. Le Maître ne s’est pas laissé prendre. Peu importe lui revenait de recevoir les louanges des hommes. C’est de celle du Père seulement dont Il était friand ! Que notre souci principal soit le même !

29:6 Il y a un piège dans le péché de l’homme méchant, mais le juste triomphe et se réjouit.

Les méchants projettent de faire du mal aux justes ou aux innocents. Mais c’est d’abord contre leur propre sang qu’ils tendent une embuscade : Proverbes 1,18. Tout péché, quel qu’il soit, porte en lui-même  son propre salaire, sa propre sentence. Les paquets de cigarettes modernes le disent assez : vous pouvez fumer, mais, en le faisant, vous vous détruisez ! Les justes, par contre, n’ont jamais à craindre d’être déçus ou confus. Ils peuvent passer pour un temps par la détresse, mais, au bout du compte, ils finissent leur parcours dans la joie et l’exultation ! Que je me souvienne sans cesse qu’il n’y a pas de joie plus grande que celle que l’on trouve en Dieu !

29:7 Le juste connaît la cause des pauvres, mais le méchant ne comprend pas la science.

Il est un point commun que l’on reconnaît dans la vie de nombreux justes dont parle l’Ecriture : leur sensibilité aux pauvres. « J’étais un père pour les pauvres, témoigne Job : Job 29,16. » « Vous avez toujours les pauvres avec vous, a dit Jésus à Ses disciples, et vous pouvez leur faire du bien quand vous le voulez : Marc 14,7. » Dans son épître, Jacques fustige les riches qui ne verset pas à leurs employés le salaire qui leur est dû : Jacques 5,1 à 6. Il rappelle également que la religion pure et sans tache consiste, entre autre, à prendre soin des orphelins et des veuves : Jacques 1,27. Quelle place occupe la sensibilité aux pauvres dans ma piété ? M’arrive-t-il d’être indigné pour l’injustice que représente la pauvreté des uns face à la cupidité des autres ? Que, par Sa grâce, Dieu me donne un cœur plus sensible à la cause du pauvre !

29:8 Les moqueurs soufflent le feu dans la ville, mais les sages calment la colère.

La ville apparaît souvent dans le livre des proverbes comme le lieu qui concentre et exprime toutes les influences. L’état moral, social, le climat que l’on ressent dans nos villes est la conséquence de l’influence qui la domine. Si la ville est sous l’effet de l’influence des moqueurs, des arrogants, il n’est pas étonnant qu’on y trouve la discorde, les querelles, les rivalités et les partis-pris. Si, par contre, on y trouve à sa tête des personnes sages, capables d’être consensuelles, animées par la recherche du bien commun, le climat sera à l’apaisement. Suis-je de ceux qui procurent la paix ou qui excitent les querelles ?

29:9 Si un homme sage conteste avec un insensé, il aura beau se fâcher ou rire, la paix n’aura pas lieu.

Il est dans la vie des combats perdus d’avance ! Celui qu’évoque ce proverbe en est un ! Une discussion, une contestation entre deux personnes n’est fructueuse que quand, de part et d’autre, il y a cette ouverture d’esprit et cette honnêteté de cœur qui permettent de recevoir ce qui va être dit. Sans elles, aussi excellent, sensé, juste, vrai que soit l’émetteur, toute la démarche qu’il entreprendra envers le récepteur s’avérera inutile. Seule l’attitude qui se trouve dans notre cœur permet ou non au message que quelqu’un essaye de nous faire passer d’être reçu et entendu. Que Dieu me garde d’être si vaniteux que je ne puisse rien entendre ni recevoir des autres !

29:10 Les hommes de sang haïssent l’homme intègre, mais les hommes droits protègent sa vie.

Dans sa prophétie sur Jésus, Siméon avertit Marie qu’Il sera dans le monde un signe qui provoquera la contradiction : Luc 2,34. Personne, en effet, face à lui, ne pouvait rester neutre. Ceux qui avaient quelque droiture en eux ne pouvaient que reconnaître sa probité, son intégrité. Les fourbes, les malhonnêtes, les hypocrites ou les orgueilleux, quant à eux, le répugnaient. Qui qu’il soit, l’homme intègre ne laisse personne indifférent. Sa proximité est révélatrice chez ceux qui le côtoient de l’attitude profonde de leurs cœurs. Ceux qui se reconnaissent en lui l’approuveront, seront à ses côtés, le défendront des attaques mesquines dont il sera l’objet. Ceux qui se sentiront accusés par lui le haïront. La compagnie dans laquelle nous nous plaisons témoigne mieux que par des mots qui nous sommes !

29:11 L’insensé met en dehors toute sa passion, mais le sage la contient.

Il est loin d’être sage d’étaler devant tous ce que l’on ressent sur le moment. La colère peut bouillir dans notre cœur. Mieux vaut la contenir que de la laisser exploser. Chaque fois que je n’ai pas su le faire, j’ai dû m’en repentir. Laisser libre cours à ses émotions n’est pas faire preuve de sagesse. C’est un manque de maîtrise de soi caractérisé. Si notre cœur était comme celui de Jésus, il n’y aurait aucune difficulté à cela. Le péché, en effet, n’était mêlé à aucun de Ses ressentis. Ce n’est pas notre cas. Que faire alors ? Au lieu d’exploser devant les autres, retirons-nous ! Approchons-nous de Dieu ! Disons-lui tout ce qui se passe en nous ! Mieux vaut que ce soit Lui qui entende notre colère et notre dépit que nos proches ! Il saura aussi mieux qu’eux nous calmer et nous faire revenir à la raison !

29:12 Quand celui qui domine a égard aux paroles mensongères, tous ses serviteurs sont des méchants.

La cour d’un roi est à l’image de ce qu’il est. Si le roi est droit, intègre, ami soucieux de la vérité, ceux qui l’entourent et le conseillent le seront aussi. Si, par contre, il est fourbe, plein de duplicité, ses auxiliaires lui ressembleront. Le roi, ou celui qui assume les plus hautes responsabilités d’un pays, est l’élément déterminant du type de gouvernance qui s’exerce sous son autorité. Quel type de roi gouverne notre pays ? Regardons qui sont ses conseillers, sa cour ! Nous aurons la réponse !

29:13 Le pauvre et l’oppresseur se rencontrent ; c’est l’Éternel qui éclaire les yeux de l’un et de l’autre.

Il n’y a qu’en Dieu que des rencontres improbables se font. Sans Dieu, il est quasiment impossible que des personnes que tout sépare se rejoignent. Qui est dans le camp du riche a peu de chance de fraterniser avec quelqu’un qui est dans celui du pauvre. Quel opprimé peut imaginer devenir un jour l’ami de celui qui l’oppresse ? Pour qu’un tel prodige ait lieu, il faut un miracle de la part de Dieu. Il faut que les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrent, qu’ils soient illuminés par la lumière de Dieu. Il faut que le regard de l’un et de l’autre change pour que chacun ne voie plus l’autre selon l’apparence, mais selon Dieu. Ce miracle est celui qu’a vécu Saul de Tarse, persécuteur des chrétiens, transformé en Paul, fervent apôtre de Jésus-Christ. Quelles sont les personnes que tout sépare aujourd’hui de moi : étrangers, migrants, musulmans… ? Que par la grâce de Dieu mes yeux s’ouvrent sur ce qu’ils sont pour lui : cf Actes 10,15. C’est là la condition nécessaire pour des rencontres mémorables !

29:14 Un roi qui juge fidèlement les pauvres aura son trône affermi pour toujours.

S’il est souhaitable que nos yeux s’ouvrent pour voir les autres, non plu selon nos préjugés, mais selon le cœur de Dieu, combien davantage l’est-il pour un roi.  Y a-t-il en effet plus éloigné des pauvres et des miséreux que le roi ? Alors que, chaque jour, il côtoie dans son palais les riches et les puissants, par quel miracle serait-il sensible aux pauvres ? Un seul : le sens qu’il a devant Dieu et devant sa conscience de sa vocation. Seul le roi qui a compris que le trône qu’il occupe ne lui a été donné que pour chercher le bien du peuple sur lequel il règne, la remplit réellement. Aux yeux d’un tel roi, la cause du pauvre ne sera pas inférieure ou de moindre importance que celle du puissant ! Il se peut qu’un tel roi déplaise à ceux qui forment sa cour ! Qu’il se console ! Il plaît à Dieu qui saura le récompenser en affermissant son trône !

29 :15 La verge et la correction donnent la sagesse, mais l’enfant livré à lui-même fait honte à sa mère.

Ce n’est pas la première fois que le livre des proverbes parle de la nécessité de la correction physique pour l’enfant. Cette correction n’est pas un manque d’amour, comme on aimerait nous le faire croire ! Au contraire : Proverbes 13,24 ! Elle est nécessaire pour l’apprentissage de la sagesse : Proverbes 22,15. En le frappant avec justesse, nous ne le traumatisons pas ! Nous lui évitons juste par un mal mineur un mal beaucoup plus grave : Proverbes 23,13-14. Dernier bienfait que souligne ce proverbe : c’est celui qu’il apporte à la vie de ses parents ! Y a-t-il, en effet, plus honteux pour des parents que la renommée que leur fait un fils indocile, rebelle et se livrant à toutes les folies ?

29:16 Quand les méchants se multiplient, le péché s’accroît ; mais les justes contempleront leur chute.

Le même principe que celui qui s’applique, sur le plan mathématique, à la multiplication, explique ce qui se produit pour une société. Le produit de l’opération est le résultat de la multiplication d’un chiffre donné par un facteur. Quand, dans une société, des facteurs favorisent la multiplication des méchants, il n’est pas étonnant que le résultat en soit l’accroissement de tous les vices, de toutes les transgressions et de tous les délits. Il y a une relation comptable entre ce que l’on favorise dans une société et ce que l’on obtient. Pour autant, le mal, malgré son expansion, n’aura jamais le dernier mot. Dieu y veillera ! Pour un temps, les justes peuvent grandement souffrir dans une société de plus en plus permissive avec le mal. Que pour autant, ils ne désespèrent pas : à la fin, ce seront eux qui auront gain de cause et qui subsisteront !

29:17 Châtie ton fils, et il te donnera du repos, et il procurera des délices à ton âme.

Ce proverbe est la répétition du principe énuméré dans celui qui le précède de peu : Proverbes 29,15. Comme tous ceux qui traitent de ce sujet, il n’incite ni à la dureté, ni aux coups, ni à la violence envers ses enfants. Il encourage une mesure qui va dans le sens du bien, non seulement pour lui, mais pour les parents. L’objectif de Dieu n’a jamais été que la famille soit un lieu perpétuel de querelles ou de tensions dues à la manifestation de cœurs rebelles. La folie naturelle qui est dans le cœur de l’enfant doit être contenue, et même réprimée quand il le faut. C’est là la meilleure chose que l’on puisse viser pour le présent et le futur ! Ne prêtons pas l’oreille aux propos insensés des nouveaux éducateurs qui pensent que, par le raisonnement et l’auto réalisation, l’enfant puisse se développer harmonieusement. L’enfant a besoin d’être cadré, corrigé pour apprendre à vivre en société en ayant égard aux autres. C’est pour l’avoir oublié que nombre de familles vivent si mal dans leur maison !

29:18 Quand il n’y a pas de révélation, le peuple est sans frein ; heureux s’il observe la loi !

Un peuple qui ne sait pas où il va devient vite incontrôlable. Un conducteur n’est digne de ce nom que s’il peut donner une vision, des perspectives au peuple à la tête duquel il se trouve. L’histoire que nous vivons a besoin d’un sens, d’une signification, de repères. Quand ils font défaut, le pire peut se produire, chacun ne visant plus que ses intérêts ! Seule la Parole de Dieu donne une vision transcendante de l’histoire. Elle seule nous dit d’où nous venons,  pourquoi nous sommes là et où nous allons. La rejeter, c’est perdre la boussole qui nous indique le sens de l’orientation. « Celui qui ne règne point avec la préoccupation de servir la gloire de Dieu n’exerce pas une autorité légitime, mais se comporte comme un brigand, disait Calvin. »[1] Que la Parole de Dieu soit et reste notre référence ultime en toutes choses !

29:19 Ce n’est pas par des paroles qu’on châtie un esclave ; même s’il comprend, il n’obéit pas.

S’il y a un proverbe qui pourrait faire grincer des dents plus que les autres les hommes d’aujourd’hui, ce sera bien celui-ci. Il faut pour le comprendre se remettre dans le contexte de l’époque où le fait de posséder des esclaves ne choquait pas. Le sort de l’esclave, défini par la loi, n’était pas toujours mauvais. Il pouvait tant se plaire dans la maison de son maître qu’il pouvait choisir d’y rester volontairement : Exode 21,5-6. Aussi, la présence d’esclaves dans la maison n’était pas seulement synonyme d’avantages pour le maître, mais encore de responsabilités. En plus de son devoir d’éducation des fils, le maître devait assumer celui de gérer la façon dont ceux-ci se comportaient. Il convenait donc au maître de corriger l’esclave comme ses fils pour que, dans certaines circonstances, ils comprennent par la douleur ce qui leur était permis ou non et apprennent ainsi à obéir. La répétition du principe de la correction comme instrument d’exercice de l’autorité dans le livre a un but didactique ! Non, la correction même physique n’est pas mauvaise ! Elle contribue à limiter la folie du cœur humain et lui inculque la sagesse. Elle prend en compte la réalité de l’homme tel qu’il est, non tel qu’on aimerait qu’il soit !

29:20 Si tu vois un homme irréfléchi dans ses paroles, il y a plus à espérer d’un insensé que de lui.

L’apôtre Jacques le dit : le domaine de la langue est sans nul doute l’un de ceux où nous trébuchons le plus : Jacques 3,2. Pour autant, cette réalité n’excuse pas tout ! Il existe des principes qui, mis en pratique, peuvent nous aider à réduire au minimum nos fautes dans ce domaine. L’un de ceux-ci consiste à réfléchir à ce que nous allons dire avant de parler. Pris dans une discussion vive, il n’est pas toujours aisé de l’appliquer. Il a cependant un avantage ! Il se peut que celui qui parle sans réfléchir soit plus entendu que les autres, mais il ne sera pas pour autant plus écouté ! Qui mesure ses propos, prend soin de formuler au mieux ce qu’il veut dire ne gage pas immédiatement en audience, mais en crédit. On préfère à la fin écouter un sage plutôt qu’un fou !

29:21 Le serviteur qu’on traite mollement dès l’enfance finit par se croire un fils.

Tout organisme, quel qu’il soit, ne peut fonctionner de manière saine que si chacun connaît la place qui est la sienne en son sein et s’y tient. Un serviteur dans une maison n’est pas un fils. Le rapport qu’il a avec le maître de maison n’est pas identique à celui qu’a sa descendance. Aussi est-il vital que, d’une part, le serviteur ne dépasse pas les droits que lui donne son statut, et que, d’autre part, le maître de maison marque bien la différence qu’il fait entre ses héritiers et ses employés. En cherchant à avoir une descendance par sa servante Agar, Abraham a bousculé pour son malheur l’ordre légitime des choses dans sa maison. Agar s’est mise à mépriser sa maîtresse Sara qui s’est mise à la maltraiter : Genèse 16,3 à 6. Chacun de nous, dans la communauté dans laquelle il appartient, possède un statut qui lui est propre. Il est nécessaire que chacun le connaisse. N’ayons pas honte d’être les chefs que nous devons être ! Et si nous sommes serviteurs, gardons-nous d’outrepasser les limites que nous impose ce cadre ! Ce n’est que comme cela que les choses fonctionnent bien !

29:22 Un homme colère excite des querelles, et un furieux commet beaucoup de péchés.

De toutes les attitudes néfastes dont un homme peut faire preuve, la colère est l’une des pires. Parce qu’elle nous amène à perdre le contrôle sur nous-mêmes, la colère est la porte ouverte à tous les excès, toutes les folies. Non seulement elle détruit l’homme qu’elle domine, mais elle cause souvent des préjudices irréversibles dans les relations entre les parties qu’elle concerne. Quelque part la colère non contrôlée est toujours blessante, si ce n’est dans les actes, au moins dans les paroles prononcées ! Elle est, dit Paul, la porte ouverte au diable : Ephésiens 4,26. Que, dans Sa grâce, Dieu nous donne le pouvoir de contrôler nos émotions ! Souvenons-nous qu’il ne faut qu’une seconde pour détruire ce que l’on a construit pendant des années !

29:23 L’orgueil d’un homme l’abaisse, mais celui qui est humble d’esprit obtient la gloire.

Alors qu’il pense montrer qu’il est plus grand que les autres, l’orgueilleux ne fait que s’avilir à leurs yeux ! La vraie grandeur, en effet, ne se trouve pas dans l’orgueil, mais dans l’humilité ! L’homme humble est le seul qui soit réaliste. Il est celui qui a une juste opinion de lui-même et de sa véritable place devant Dieu. Outre Jésus, Jean-Baptiste en est l’exemple. Il savait qui il était face au Fils de Dieu : Marc 1,7. Il était prêt à s’effacer lorsqu’un plus grand que lui paraissait : Jean 3,27 à 30. Que, par l’œuvre de Dieu en nous, l’humilité nous fasse regarder les autres comme au-dessus de nous –mêmes : Philippiens 2,3. Jésus nous l’a montré : l’humilité est le chemin qui mène à la gloire : Philippiens 2,5 à 11.

29:24 Celui qui partage avec un voleur est ennemi de son âme ; il entend la malédiction, et il ne déclare rien.

Le fait de ne pas être l’auteur direct d’un délit ne suffit pas toujours pour ne pas être considéré comme coupable de celui-ci. Il suffit d’en être complice. Etre complice du voleur ne se limite pas seulement à partager avec lui le fruit de sa rapine, ou à l’aider à commettre son forfait. C’est aussi refuser de le dénoncer, ou de témoigner de ce que l’on a vu lorsque les représentants de la loi nous invitent à le faire : Lévitique 5,1. Toute association entre des personnes engendre un principe de co-responsabilité au sujet de ce qu’elles accomplissent ensemble. Ne soyons pas naïfs, mais sachons être prudents, sensés et intelligents dans les causes auxquelles nous apportons notre contribution : cf Proverbes 1,8 à 19.

29:25 La crainte des hommes tend un piège, mais celui qui se confie en l’Éternel est protégé.

C’est lorsqu’il était jeune que Jérémie reçut de Dieu l’appel d’être son prophète. Conscient de cette jeunesse et de l’âpreté de la tâche qu’Il lui confie, Dieu lui ordonne de ne pas avoir peur et de ne pas trembler devant ceux à qui il devrait apporter Son message. Il l’invite plutôt à s’appuyer sur la force et la présence de Celui qui se tiendra à ses côtés : Lui-même : Jérémie 1,7.  Plus nous craignons les hommes, plus nous sommes lâches face à eux ! Plus nous nous appuyons sur Dieu, plus Il nous rend forts : Jérémie 1,18-19. De nombreux témoins de Christ, et Christ Lui-même, ont dû faire face à des tribunaux humains hostiles. Ils sont tous fait l’expérience de la force et du soutien que Dieu donne à ceux qui se confient en Lui : Luc 21,14 ; Actes 4,13 à 22. Exerçons-nous, dans les occasions que Dieu met devant nous, à ne pas craindre les hommes, mais dans la défense de la vérité et de la justice, à nous appuyer sur Dieu.

29:26 Beaucoup de gens recherchent la faveur de celui qui domine, mais c’est l’Éternel qui fait droit à chacun.

Pour celui qui n’a comme réalité que le monde des hommes, il est de la première nécessité de se gagner la faveur de ceux qui dominent. Le pouvoir, pensent-ils, appartient à celui qui est assis sur le trône. Aussi est-il primordial d’être au bénéfice de sa bienveillance si l’on veut avoir quelque chance de bonheur et de réussite dans la vie. Le croyant véritable se distingue par une préoccupation toute autre. Au-delà des pouvoirs humains, il sait que c’est par le décret d’une toute autre autorité que le droit et la justice s’exercent dans ce monde. Aussi s’attachera-t-il à s’attirer la bienveillance de Dieu plutôt que celle des grands de ce monde. La foi en Dieu nous délivre non seulement de la crainte des hommes, mais encore de ce souci de nous gagner leur faveur.

29:27 L’homme inique est en abomination aux justes, et celui dont la voie est droite est en abomination aux méchants.

Qu’aimons-nous et que haïssons-nous dans la vie ? La réponse à cette question est révélatrice de ce qui, au plus profond de nous-mêmes, nous motive ! Qui admire les hommes fourbes et iniques ne supportera pas la proximité d’un homme droit. Sa présence sera comme un corps étranger à sa nature. La même réalité se produira à l’inverse pour le juste. Il ne pourra s’empêcher d’être mal à l’aise dans la présence d’un impie, d’un moqueur ou d’un blasphémateur. Ne nous étonnons donc pas si le monde nous hait : c’est une preuve que nous sommes les disciples du Crucifié qu’il a haï avant nous : Jean 15,18-19 ; 1 Jean 3,13.

[1] Epître au roi : Institution de la religion chrétienne : Jean Calvin

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Livre des Proverbes, chapitre 28

28:1 Le méchant prend la fuite sans qu’on le poursuive, le juste a de l’assurance comme un jeune lion.

Nul n’est besoin de quoi que ce soit pour faire fuir le méchant. A peine a-t-il conscience d’un éventuel danger qu’il prend la fuite. Ce qui amène le méchant à fuir n’est pas le danger éventuel qu’il aurait à affronter. C’est l’insécurité, ce sont les angoisses intérieures qu’il ressent suite à ses péchés. Ce qui effraie le méchant, c’est le souvenir de ses fautes. N’ayant pas la conscience libre, il vit constamment avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Et si Dieu ou le sort lui faisait payer ce qu’il a fait ? Parce qu’il n’a pas ce lourd fardeau à porter, le juste fait preuve d’une grande assurance. N’ayant pas à affronter ses démons, il peut jouir de la paix que Dieu donne à ceux qui marchent dans l’intégrité. Notre réaction face à une menace ou un danger n’est pas forcément révélatrice de notre conscience. Mais elle peut l’être ! Rien n’insécurise plus notre cœur que le souvenir de nos fautes non pardonnées ou non réparées !

28:2 Quand un pays est en révolte, les chefs sont nombreux ; mais avec un homme qui a de l’intelligence et de la science, le règne se prolonge.

On reconnaît le mauvais état dans lequel se trouve une nation par le fait qu’elle n’a plus un homme en qui s’incarne l’autorité. Une nation qui a un chef reconnu témoigne d’une unité qui fait sa force. Quand cette unité n’existe plus, la nation se fracture en partis dirigés par de multiples chefs qui s’affrontent. Il est impossible qu’une nation qui se déchire en partis s’élevant les uns contre les autres, sous l’impulsion de chefs ambitieux, tienne  cf Matthieu 12,26. Non seulement elle se désintègre de l’intérieur, mais elle devient une proie facile pour les prédateurs extérieurs. Le chaos d’un pays ne vient pas toujours de la pression des puissances extérieures. Il est souvent le résultat des luttes internes de partis qui s’entredéchirent sous l’impulsion de petits chefs ambitieux. Il n’y a que lorsque le Christ sera Roi que la paix absolue règnera sur le monde !

28:3 Un homme pauvre qui opprime les misérables est une pluie violente qui fait manquer le pain.

Nous pourrions penser que la pauvreté engendre automatiquement la solidarité. Ce n’est pas toujours le cas. Le cœur du pauvre étant le même que celui des autres, on trouve aussi parmi eux des gens durs et cruels. D’une certaine manière, les exactions d’un pauvre envers d’autres pauvres ont un effet plus violent sur eux que celles des riches. Le pauvre en effet s’attend à ce que son compagnon d’infortune soit compréhensif à son égard, car il sait lui aussi ce que cela signifie de souffrir de l’injustice. Que le pauvre qui exploite son frère pauvre ne s’imagine pas que sa pauvreté lui fournisse une excuse à ses actes. Le mal qu’on lui a fait ne justifie jamais celui qu’il fait aux autres ! Au jour du jugement, il sera doublement responsable de sa faute !

28:4 Ceux qui abandonnent la loi louent le méchant, mais ceux qui observent la loi s’irritent contre lui.

Il y a un lien de cause à effet immédiat entre l’attachement que l’on porte à la loi et notre attitude à l’égard du mal qui se fait autour de nous. Un proverbe dit, au sujet de la Bible : « Ce livre t’éloignera du péché ou le péché t’éloignera de ce livre ! ». Quand on ne trouve plus de mal au mal, il n’est nul besoin de s’interroger sur la place qu’occupe encore la loi de Dieu en nous : elle est inexistante. Sachons-le bien : le seul rempart qui puisse nous protéger de la tolérance à l’égard du mal, puis de son approbation, est l’amour, l’attachement que nous avons pour la loi, les commandements de Dieu ! Tout le psaume 119 en rend témoignage ! Que chacun cependant soit prévenu : qui approuve le méchant connaîtra le jugement qui l’attend : Romains 1,32. Heureux celui qui, dans ce monde, ressent colère et indignation face au mal : il est un juste !

28:5 Les hommes livrés au mal ne comprennent pas ce qui est juste, mais ceux qui cherchent l’Éternel comprennent tout.

Le jugement que se font les hommes sur le bien et le mal est conditionné par une seule chose : ce qui est au cœur de leur recherche. La recherche du mal, son amour, sa pratique faussent le jugement et induisent inévitablement un aveuglement. La crainte de Dieu, la recherche de Sa volonté, l’attachement à Sa Personne augmentent automatiquement la lucidité spirituelle. Il arrive au juste d’être sidéré en voyant à quel point les méchants s’égarent dans leur jugement sur les choses. Il n’y a à rien d’étonnant. Qui n’a pas l’Eternel comme point fixe pour orienter sa vie ne peut que se perdre. Lui seul est « le Nord » de notre boussole !

28:6 Mieux vaut le pauvre qui marche dans son intégrité, que celui qui a des voies tortueuses et qui est riche.

Le bonheur d’une vie humaine ne repose pas seulement sur la condition sociale dans laquelle elle évolue. Mieux vaut être pauvre, mais avoir une bonne conscience, qu’être riche et pris dans les filets du mensonge. Le pauvre Lazare n’avait vraiment pas grand-chose. A vue humaine, sa condition n’était ici-bas pas enviable. Il faudra la mort pour que se révèle qui, de lui ou du riche avare près de qui il vivait, était le mieux loti : cf Luc 16,19 à 31. Sachons-le : l’espérance que nous avons en Dieu ici-bas, le souci que nous démontrons à lui plaire ne seront pas oubliés. Mieux vaut accumuler des trésors pour le ciel qu’ici-bas où la rouille détruit et les voleurs dérobent : Matthieu 6,19 à 21.

28:7 Celui qui observe la loi est un fils intelligent, mais celui qui fréquente les débauchés fait honte à son père.

Il n’y a personne dans ce monde qui soit isolé des autres au point que son comportement ne rejaillisse par sur eux. C’est particulièrement vrai dans le cas de la famille. Par la façon dont se conduisent un fils ou une fille, honte ou honneur en reviennent à leurs parents. Car, inévitablement, pour ceux qui nous observent, le fils est lié au père et le père au fils. Si donc, celui qui est issu de moi et porte mon nom se comporte de mauvaise manière et s’associe à des gens de réputation douteuse, c’est ma propre personne qui est salie au travers de lui. Ce lien indéfectible qui unit le fils à celui duquel il est issu devrait nous faire réfléchir quant aux conséquences de nos actes sur la réputation que nous faisons à Dieu, notre Père, dont nous sommes devenus par Jésus-Christ, les fils et les filles. Que jamais, à cause de moi, ô Dieu, Ton nom ne soit déshonoré dans ce monde !

28:8 Celui qui augmente ses biens par l’intérêt et l’usure les amasse pour celui qui a pitié des pauvres.

La loi de Dieu était précise quant à la question de l’intérêt que pouvait retirer un Juif au sujet d’un prêt qu’il faisait à l’un de ses frères pauvres : il était interdit : Exode 22,25-27 ; Lévitique 25,35-36. Qui y contrevenait ne devait pas s’attendre à être béni. L’enrichissement personnel sur le dos d’autrui n’a pas sa place parmi le peuple de Dieu. Dieu y veille ! Il est Celui qui élève et qui abaisse, mais aussi Celui qui peut appauvrir et enrichir ! L’argent mal acquis ne profite jamais ! Dieu a le pouvoir de le retirer à son possesseur pour le donner à quelqu’un qui saura l’utiliser à bon escient et avec générosité. Rien n’est peut-être plus révélateur de l’état de notre cœur que notre attitude envers l’argent. A ce sujet, la parole de Jésus a été claire : nous ne pouvons avoir deux maîtres : où c’est Dieu, où c’est l’argent : Matthieu 6,24.

28:9 Si quelqu’un détourne l’oreille pour ne pas écouter la loi, sa prière même est une abomination.

Il est totalement vain et inutile d’adresser à Dieu de belles prières si on n’est pas prêt à Lui obéir. Non seulement notre prière est une hypocrisie, mais, aux yeux de Dieu, elle est abominable. Apporter une prière à Dieu alors qu’on choisit de vivre dans la désobéissance, c’est comme mettre du parfum sur un tas de fumier pour qu’il sente bon. Qui d’entre nous pourrait recevoir un tel cadeau ? Les prières que nous formulons, seuls ou en public, ne sont pas révélatrices de notre spiritualité. Seule l’obéissance à la loi de Dieu et à Ses commandements le sont ! Nous pouvons tromper les hommes par une piété apparente : nous ne trompons pas Dieu ! Veillons à ce que nos prières correspondent à l’intention réelle de notre cœur. Jésus le promet : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et cela vous arrivera : Jean 15,7.

28:10 Celui qui égare les hommes droits dans la mauvaise voie tombe dans la fosse qu’il a creusée ; mais les hommes intègres héritent le bonheur.

Un récit de l’Ancien Testament illustre à la perfection ce proverbe. Il se déroule à l’époque d’Achab, roi d’Israël, et de Josaphat, roi de Juda. Roi impie, Achab voulut entraîner Josaphat avec lui dans un combat contre Aram. Sachant qu’il était la cible première du roi ennemi, Achab s’était dépouillé de ses habits royaux pour ne pas être vu. Il avait, par contre, demandé à Josaphat de les revêtir. Il espérait, par ce subterfuge, sauver sa vie tout en exposant celle de son allié. Mais Dieu veillait ! Non seulement, les soldats d’Aram ne tuèrent pas Josaphat, mais l’un d’eux, par un hasard conduit par Dieu, toucha avec une flèche Achab au défaut de sa cuirasse. Il mourra le soir même du combat : 1 Rois 22,29 à 38. Il peut arriver que, par sa malice, le méchant trompe l’homme droit et le conduise sur de mauvais chemins. Qu’il ne pense pas pour autant réussir ! L’homme droit n’est pas seul : Dieu est avec lui. Si l’homme droit peut être piégé, Dieu non. Il a le pouvoir de déjouer tous les pièges du malin et de délivrer le juste de sa ruse : Job 5,13.

28:11 L’homme riche se croit sage ; mais le pauvre qui est intelligent le sonde.

Il est bien des hommes qui se croient sages. Avec le riche, se trouvent dans cette catégorie l’insensé et le paresseux : Proverbes 26,5.16. Ce que ces hommes ont en commun est une sorte d’aveuglement. L’un comme l’autre, pour des raisons différentes, s’estiment supérieurs aux autres… jusqu’à ce que Dieu les confonde par une rencontre qui met en lumière leur folie. C’est ce qui est arriva au riche dont Jésus parle dans l’Evangile. Sans doute regardait-il avec un certain mépris le pauvre Lazare, couché à sa porte, qui passait à ses yeux pour un raté ! Lazare possédait en lui une sagesse qu’il n’a pas vue : une espérance solide en Dieu ! Il s’en apercevra, mais trop tard, dans le séjour des morts : cf Luc 16,19 à 31. Gardons-nous d’être sages à nos propres yeux : Proverbes 3,7 ! Dieu peut utiliser le plus petit pour nous enseigner une leçon qui nous soit profitable ! Ayons l’humilité de la recevoir : cf Exode 18,14 à 26.

28:12 Quand les justes triomphent, c’est une grande gloire ; quand les méchants s’élèvent, chacun se cache.

Seule la justice élève une nation : Proverbes 14,34. Seul le triomphe des justes peut faire la fierté d’un peuple. A contrario, quand l’iniquité s’accroît, grandissent aussi la peur et la honte. Le triomphe de la justice engendre toujours un sentiment de sécurité dans les peuples. Lorsque le mal reste impuni, chacun se replie sur lui-même et se protège. Moins la justice prévaut, plus il y a risque à ce que l’autodéfense se développe. Comment se sentent les habitants de notre pays ? Ont-ils le sentiment que le droit des justes est défendu, assuré ? Si ce n’est le cas, il ne faut pas s’étonner d’aller vers une violence grandissante ! Elle est une réponse mauvaise, mais la seule possible dans un monde pécheur, face à la carence de la justice !

28:13 Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde.

L’expérience de David, après son adultère avec Bath-Shéba, illustre à merveille la vérité de ce proverbe. « Tant que je gardais le silence, dit le roi, mes os se consumaient, je gémissais sans cesse ; car jour et nuit, Ta main pesait sur moi. Ma vigueur s’était changée en sécheresse d’été. » Tout changea pour lui, lorsqu’il avoua sa faute ! « Je t’ai fait connaître mon péché, je n’ai pas couvert ma faute. J’ai dit : je reconnaîtrai mes transgressions devant le Seigneur ! Et Toi, Tu as pardonné ma faute : Psaume 32,3 à 5 ! » Le seul Evangile de prospérité que nous avons à prêcher se trouve ici. Il est dans la libération qui se trouve dans la confession suivie de l’abandon de nos péchés. N’essayons pas de jouer avec Dieu ! Nous ne ferons que notre malheur ! Appelons nos fautes devant Lui par leur nom ! Reconnaissons-les sans excuse ni justification. Nous ferons l’expérience heureuse de Sa miséricorde !

28:14 Heureux l’homme qui est continuellement dans la crainte ! Mais celui qui endurcit son cœur tombe dans le malheur.

Il y a dans la vie de bonnes et de mauvaises craintes. La mauvaise crainte est celle qui fait abstraction de la réalité de Dieu, de Sa Puissance, de Sa grâce et de Sa providence envers ceux qui Le craignent. La bonne crainte est celle qui résulte d’une juste appréciation de ces réalités. La mauvaise crainte résulte de l’incrédulité. La bonne crainte découle de la connaissance de Dieu. Elle est le fruit d’une foi éclairée, juste, conséquente. Heureux, dit ce proverbe, celui en qui elle se trouve continuellement ! Grave est le danger, par contre, pour le cœur en qui elle est absente. La juste crainte est l’antidote le plus puissant contre son endurcissement qui mène au châtiment, à la mort et au jugement. Le Pharaon en est, dans l’Ecriture, l’exemple le plus parlant. Que la grâce dont nous sommes l’objet de la part de Dieu ne soit pas prétexte pour ne pas Le craindre. Le Dieu de Jésus-Christ est le même que celui de Moïse ! Il ne tolère pas plus dans l’Eglise que dans Israël l’irrespect et le mensonge à Son égard : cf Actes 5,1 à 11.

28:15 Comme un lion rugissant et un ours affamé, ainsi est le méchant qui domine sur un peuple pauvre.

Comme il en est pour l’amour, il existe des degrés dans la cruauté. Le degré supérieur est atteint dans le domaine par le méchant lorsque sa méchanceté s’exerce sans retenue contre le faible, le pauvre, le nécessiteux. Le méchant cruel ne vaut pas mieux qu’un animal sauvage, en qui ne se trouve ni pensée, ni sentiment. Il est comme l’ours ou le lion, un prédateur qui n’écoute que ses plus bas instincts. A contrario, Jésus nous est présenté dans la Parole sous les traits de l’Agneau : Jean 1,29. Soyons heureux de l’avoir pour Maître ! Il n’y a en Lui ni méchanceté, ni cruauté !

28:16 Un prince sans intelligence multiplie les actes d’oppression, mais celui qui est ennemi de la cupidité prolonge ses jours.

Le pouvoir corrompt souvent ceux à qui il est donné. Abusant de la position d’autorité qu’ils occupent, ils en profitent pour commettre toutes sortes d’exactions. Ils se servent du pouvoir qui leur a été octroyé pour leurs propres fins. Ils finiront par récolter ce qu’ils sèment. Non seulement la cupidité n’enrichit personne, mais elle fait courir le risque à celui qui s’y adonne de voir ses jours abrégés. Or, ce n’est jamais faire preuve d’intelligence de ne pas considérer la valeur de ses actes à la lumière de la fin à laquelle ils conduisent.

28:17 Un homme chargé du sang d’un autre fuit jusqu’à la fosse : qu’on ne l’arrête pas !

Si Dieu est un Dieu de grâce et de miséricorde, Il est aussi un Dieu de justice. Il n’excuse donc pas le crime et ne tient pas le coupable pour innocent : Exode 34,7. Il considère que si pour un meurtrier, la vie de son prochain n’a pas été précieuse au point de l’épargner, il n’y a aucune raison que sa vie le soit. La société humaniste dans laquelle nous vivons n’a pas toujours le même point de vue. Il lui arrive souvent de faire preuve de plus de considération pour le criminel que pour sa victime. Selon le point de vue de la justice de Dieu, il n’y a aucune raison d’empêcher le criminel de recevoir le salaire de son crime. Ce n’est d’ailleurs que quand il en saisit toute la gravité qu’il est apte à la repentance. Il nous arrive souvent, par compassion mal placée, de vouloir éviter au coupable de se sentir trop fautif. Sommes-nous sûrs que nous faisons ici l’œuvre de Dieu ? Ne sommes-nous pas pour Lui des consolateurs fâcheux ?

Contraste entre deux voies : v 18 à 20

28:18 Celui qui marche dans l’intégrité trouve le salut, mais celui qui suit deux voies tortueuses tombe dans l’une d’elles.

Il n’y a dans la vie d’un homme que deux alternatives : ou il suit une voie droite, ou il en suit deux qui sont tortueuses. Il ne suffit pas pour être intègre de marcher de temps en temps dans la justice, la vérité ou l’honnêteté. Si telle est notre pensée, nous ne marchons pas dans la droiture, mais dans la fourberie. L’avantage de celui qui vit dans l’intégrité est de connaître la paix. Cette paix est la conséquence du fait qu’il ne connait aucun déchirement dans son cœur. Il n’est pas partagé entre toutes les propositions, les invitations, les désirs multiples que son cœur mauvais lui suggère. En ce sens, le chemin de l’intégrité mène toujours au salut. Car il est le seul à nous préserver des déboires et des malheurs auxquels un cœur livré à lui-même ne manque pas de mener.

28:19 Celui qui cultive son champ est rassasié de pain, mais celui qui poursuit des choses vaines est rassasié de pauvreté.

Ce n’est pas le hasard si ce proverbe suit celui qui le précède. Il en est une application pratique. Il nous enseigne que la première clé de la réussite, du bonheur, de la satisfaction consiste à agir de manière responsable. Richesse et pauvreté dans la vie ne sont pas que le fait de circonstances heureuses ou non. Dans bien des cas, c’est la façon d’être et de se comporter des gens qui fait leur bonheur ou leur malheur. Soyons de ceux qui s’occupent avec sérieux de nos propres affaires. Agissons avec la conscience de ce qui constitue notre devoir. C’est là le premier et le plus sûr moyen de nous assurer des lendemains heureux.

28:20 Un homme fidèle est comblé de bénédictions, mais celui qui a hâte de s’enrichir ne reste pas impuni.

Dans tous les domaines, le contraste qui existe entre la voie qui mène à la réussite et celle qui conduit à l’échec tient, non aux circonstances, mais au comportement des personnes. C’est à la façon avec laquelle on agit dans la vie que l’on doit pour beaucoup ce qui nous arrive. Tout ce qui émane des désirs de notre cœur mauvais ne peut que mener à la ruine. Aussi Dieu travaille-t-il dans nos cœurs pour que nous apprenions à vivre notre vie devant Lui dans la justice et l’intégrité. C’est là l’unique chemin qui mène à la bénédiction. Qui le refuse ne restera pas impuni ! Inévitablement, il finira par récolter le fruit mauvais du mauvais chemin dans lequel l’a conduit les mauvais désirs de son cœur mauvais.

28:21 Il n’est pas bon d’avoir égard aux personnes, et pour un morceau de pain un homme se livre au péché.

Il est essentiel que les considérations de personnes n’entrent pas en ligne de compte dans le service que nous devons à la vérité. Cette partialité dont nous pouvons faire preuve a deux causes. La première est la crainte que nous inspirent ceux que nous devrions reprendre. Cette crainte peut être motivée, soit par leur rang ou leur position, soit par les réactions que nous anticipons. La crainte supérieure que nous avons de Dieu est la seule motivation capable de nous délivrer de la crainte des hommes : Proverbes 29,25. La seconde tient à l’attachement que nous avons à nos intérêts. Le service de la vérité exige que nous fassions non seulement abstraction de l’identité de la personne à qui nous avons à parler ou de ses réactions, mais encore du coût personnel qu’il nous occasionnera. Quelle qu’en soit la raison, trahir la vérité est une faute envers Dieu !

28:22 Un homme envieux a hâte de s’enrichir, et il ne sait pas que la disette viendra sur lui.

Il n’est jamais bon, quel que soit le domaine concerné, de faire preuve d’impatience. L’impatience est le symptôme d’un mal souvent plus profond. Qui veut être riche rapidement témoigne de la jalousie profonde qui le mine à l’égard de ceux qui le sont. A ce sujet, l’Ecriture est explicite : ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition : 1 Timothée 6,9. Qui veut s’enrichir n’a pas de repos. Il ne cesse de spéculer sur les placements qui seront les meilleurs et qui lui rapporteront le plus. La fièvre qui le domine l’expose à de nombreux risques : non seulement elle mine sa santé, mais elle augmente considérablement pour lui le risque d’une faillite totale. Apprenons à vivre dans la piété et le contentement : c’est ici pour nous la plus grande source de gain : 1 Timothée 6,6.

28:23 Celui qui reprend les autres trouve ensuite plus de faveur que celui dont la langue est flatteuse.

Combien la lutte intérieure est grande en nous lorsqu’il s’agit d’aller trouver quelqu’un pour le reprendre ! Pour autant, si nous ne le faisons pas, nous ne sommes pas dignes d’être appelés des serviteurs de la justice et de la vérité. Avertir, reprendre un autre, c’est faire preuve d’amour à son égard. C’est vouloir lui épargner un danger, un piège pour sa vie. Sur le coup, il ne plaît à personne d’être corrigé. Plus tard, celui qui aura écouté appréciera à sa juste valeur notre démarche. Il est essentiel que dans la communauté chrétienne la vérité occupe sa juste place dans nos rapports. Ne dire que du bien des autres, alors qu’on sait pertinemment qu’il y a des choses dans leurs vies qui n’honorent pas Dieu, n’est pas servir la vérité, mais le mensonge. Langue flatteuse n’est jamais loin de langue menteuse !

28:24 Celui qui vole son père et sa mère, et qui dit : Ce n’est pas un péché ! est le compagnon du destructeur.

Il y a danger de croire que, parce qu’on est fils ou fille, on peut se permettre plus de choses à l’égard de ses parents que d’inconnus. Les liens familiaux procurent de nombreux avantages, mais ils impliquent aussi des obligations supplémentaires. La famille est le lieu de l’entraide, de l’accueil, du soutien, du partage. Il n’est pas celui du profit au détriment de ceux avec qui on a les liens les plus étroits. Le principe s’applique en premier à la famille physique, mais il est aussi valable pour la famille spirituelle.  Quelles que soient les personnes qu’on lèse, un péché contre autrui reste un péché.

28:25 L’orgueilleux excite les querelles, mais celui qui se confie en l’Éternel est rassasié.

Il est particulièrement pénible de vivre avec une personne orgueilleuse. L’orgueilleux n’a rien à apprendre de personne. Il sait tout, est toujours sûr de lui. Il réussit tout mieux que tout le monde. Pour autant, il n’en a jamais assez. Aussi est-il invivable pour son entourage. Combien est différente l’atmosphère que dégage quelqu’un dont la foi pour la réussite de sa vie est en Dieu. Quoi qu’il advienne, il n’est pas amer. Il peut affronter les difficultés et l’avenir dans la paix et le contentement. La satisfaction du cœur ne tient pas à ce que nous avons pu réussir, mais dans le repos que l’on trouve en Dieu

28:26 Celui qui a confiance dans son propre cœur est un insensé, mais celui qui marche dans la sagesse sera sauvé.

Il n’est pas nécessaire de lire longtemps la Parole de Dieu pour constater la véracité de ce proverbe. Alors que le péché n’était encore pas entré en eux, nos premiers parents chutèrent devant la tentation parce qu’ils se fièrent plus à leur propre cœur qu’aux avertissements de la sagesse de Dieu : Genèse 3,6. La voie de la sagesse est celle de l’écoute de la Parole de Dieu. La voie de la folie passe par la confiance insensée que l’on met en soi, dans ses impressions ou ses propres analyses. Combien de fois nous est-il arrivé de constater que ce que nous pensions s’avérait finalement faux ! Prenons le temps de consulter Dieu ! Apprenons à chercher et puiser dans Sa Parole les principes qui orienteront nos vies. De là vient le salut pour nos vies !

28:27 Celui qui donne au pauvre n’éprouve pas la disette, mais celui qui ferme les yeux est chargé de malédictions.

Qui ferme sa main devant le pauvre empêche Dieu de la remplir après qu’il ait donné ! Qui l’ouvre permet à Dieu d’y verser ses bienfaits ! Souvenons-nous que les biens et les richesses dont Dieu nous a gratifiés ne nous appartiennent pas. Nous n’en sommes que les gérants. Aussi notre rôle n’est pas de les retenir pour nous, mais de les partager. Dieu nous donne pour que nous puissions à notre tour donner. Nous ne sommes pas appelés à être une Mer Morte dont les eaux stagnent à tel point qu’aucune vie ne peut s’y développer. Nous devons être comme le lac de Galilée qui reçoit ses eaux du Jourdain et les transmet plus loin. Jésus et Ses disciples y pêcheront de nombreux poissons qui nourriront beaucoup. Ne soyons pas des récipients qui conservent pour eux seuls les richesses qu’ils reçoivent, mais des canaux ouverts pour déverser les bénédictions reçues !

28:28 Quand les méchants s’élèvent, chacun se cache ; et quand ils périssent, les justes se multiplient.

L’état moral d’une nation ne relève pas du hasard. Il est le résultat de la place, de l’audience, de l’influence qu’ont en son sein les méchants et les justes. Quand la voix des méchants a la prépondérance sur celle des justes, l’insécurité, la peur règnent. Quand la roue tourne et que, par le jugement de Dieu, les méchants sont châtiés, le nombre des justes explose. Au temps d’Achab et de Jézabel, Elie pensait être le seul juste vivant dans la nation. Dieu démentit son impression en lui disant qu’il avait avec lui sept mille hommes qui n’avaient pas fléchi le genou devant Baal : 1 Rois 19,18. Ces justes n’étaient pas connus d’Elie, mais ils existaient bel et bien. Ne perdons jamais totalement espoir quand le mal semble tout couvrir de son ombre. Il y a un reste selon l’élection de Dieu qui ne demande qu’à se lever au jour où le soleil de justice poindra !

 

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Livre des proverbes, chapitre 27

27:1 Ne te vante pas du lendemain, car tu ne sais pas ce qu’un jour peut enfanter.

 
Il y a dans la vie quotidienne une présomption courante commune à presque tous les hommes. C’est celle qui consiste à se croire le maître de son lendemain. L’apôtre Jacques est l’un de ceux qui la dénoncent de la manière la plus claire : Jacques 4,13 à 17. Il nous rappelle ici plusieurs vérités à ce sujet. La première est que la présomption est de l’orgueil. L’orgueil est l’attitude qui résulte de notre suffisance, de notre prétention à l’autonomie à l’égard de Dieu. Or, Jacques l’affirme sans ambigüité : rien ne se fait que Dieu ne veuille. La seconde est l’oubli de notre grande fragilité. Ils sont légion ceux qui, à la fin d’une année, souhaitent aux autres (ou à eux-mêmes), de grandes choses pour celle qui vient. Plusieurs n’en verront rien, la mort les ayant pris le jour même ! Gardons la conscience que notre souffle ne nous appartient pas. Il n’est pas en notre pouvoir de dire assurément ce que nous ferons demain !

 
27:2 Qu’un autre te loue, et non ta bouche, un étranger, et non tes lèvres.

 
Il ne convient pas que ce soit de notre propre bouche que sorte la louange qui nous glorifie. Nous ne sommes pas Dieu. Dieu peut se louer Lui-même, car rien ni personne n’est au-dessus de Lui. Tout ce qu’Il est, Il ne le doit qu’à Lui-même de toute éternité. S’il y a donc quelque qualité, quelque réussite en nous, ne nous en glorifions pas ! Laissons les autres les reconnaître, mais surtout n’oublions pas d’en louer Dieu. Car il n’y a rien que nous possédions que nous n’ayons reçu : 1 Corinthiens 4,7 ; Jean 3,27 ; Jacques 1,16-17. Bénissons Dieu qu’en chacun de Ses enfants Il ait déposé quelque chose de Sa beauté et de Sa richesse !

 
27:3 La pierre est pesante et le sable est lourd, mais l’humeur de l’insensé pèse plus que l’un et l’autre.

 
Combien de fois mes humeurs ont pesé sur le moral des autres ou l’atmosphère ambiante ! Il ne faut pas longtemps, quand on rentre dans une maison, pour ressentir l’atmosphère qui y règne. Les enfants sont-ils énervés ou éteints ? Pour une grande part, la cause est à rechercher chez les parents. L’état d’esprit qui règne dans une maisonnée est une des premières choses que toute personne sensible remarque : les paroles agressives, le manque d’amabilité, de respect ou l’inverse en témoignent ! Que chaque enfant de Dieu s’en souvienne : un hôte invisible habite sous leur toit ! C’est devant Lui que nous vivons ! Nous pouvons tenter de cacher aux autres notre mauvaise humeur ! Lui l’a vu !

 
27:4 La fureur est cruelle et la colère impétueuse, mais qui résistera devant la jalousie ?

 
De tous les fléaux dont le péché est la cause, il n’y a, selon ce proverbe, peut-être pas pire que la jalousie. La fureur peut amener un être à commettre de graves violences, la colère à ne plus être maître de lui-même. Mais l’une comme l’autre ne peuvent durer. Elles sont comme des orages, qui peuvent être destructeurs, mais qui sont passagers. La jalousie est un mal plus sournois. C’est un feu qui consume celui en qui elle couve. La jalousie infecte la vie de celui qu’elle habite et pourrit celle de ceux qu’il côtoie. Aussi Salomon avertit-il avec gravité l’homme qui prend la femme d’un autre. La passion jalouse met un homme en fureur, il n’épargnera personne au jour de la vengeance ; il n’accepte aucune indemnisation, il ne veut rien entendre, quand même tu multiplies les présents : Proverbes 6,34-35. Amour et jalousie sont indissociables. Il n’y a qu’en Dieu que la jalousie trouve sa justification : Exode 20,5.

 
27:5 Mieux vaut une réprimande ouverte qu’une amitié cachée.

 
Le bien se trouve parfois là on ne l’aime pas. Ainsi en est-il du reproche : au premier abord, il nous est désagréable. Nous aurions préféré que celui qui nous l’adresse se taise. A long terme, il aura cependant une efficacité plus positive que celle d’un amour jamais exprimé. Le bien nécessite une action publique. Si on aime quelqu’un, nous devons le lui dire ou le lui montrer par des gestes. Sans quoi cet amour qu’on porte n’a aucune utilité bénéfique à celui qui en est l’objet. Si donc quelqu’un, pour un temps, nous fait mal en vue de notre bien, il fait plus que celui qui nous aime, mais qui ne l’exprime jamais.

 
27:6 Les blessures d’un ami prouvent sa fidélité, mais les baisers d’un ennemi sont trompeurs.

 
Ce proverbe va dans le même sens que le précédent. Il y ajoute une note paradoxale pour en souligner la véracité. Un véritable ami ne se satisfera jamais d’une relation dans laquelle la vérité n’a pas sa place. David le confirme ailleurs : que le juste me frappe, dit-il, c’est une faveur ; qu’il me fasse des reproches, c’est de l’huile sur ma tête : Psaume 141,5. Une fausse conception de l’amour circule parfois parmi les enfants de Dieu. Elle consiste à dire que celui-ci ne peut jamais être blessant. Elle est contraire à celui qu’a pratiqué le Seigneur Jésus qui n’a pas hésité à traiter Ses disciples parfois avec rudesse ! N’en voulons donc pas à un ami qui nous blesse ! Par contre, soyons sur nos gardes, lorsque nous voyons un ennemi nous embrasser et se montrer soudainement aimable ! De tous les disciples, le seul dont il est dit qu’il a embrassé Jésus, c’est Judas : Matthieu 26,49.

 
27:7 Celui qui est rassasié foule aux pieds le rayon de miel, mais celui qui a faim trouve doux tout ce qui est amer.

 
Même les choses les plus excellentes perdent leur saveur quand on est nanti de tout. Si d’autres sociétés souffrent de nombreux manques, le malheur de la nôtre n’est-il pas, qu’ayant tout, nous ne prenions plus plaisir à rien ? La capacité d’apprécier la valeur des choses n’appartient pas aux riches. Elle est, par contre, l’apanage de tous les démunis. Ne nous étonnons donc pas si, dans notre société, la gratitude et la reconnaissance ont si peu de place. Gâtés comme nous le sommes, nous nous sommes mis à penser que tout nous était dû, que le fait de tout avoir était normal. Que faudra-t-il à cette génération pour qu’elle apprenne à apprécier de nouveau les choses simples ? Qu’elle passe de nouveau par le dénuement, la privation, la faim ! Qu’elle apprenne de nouveau à s’adresser à Dieu pour Lui demander son pain quotidien ! Que nous, Son peuple, n’attendions pas ce jour pour Le remercier pour tous les bienfaits que Sa grâce nous prodigue !

 
27:8 Comme l’oiseau qui erre loin de son nid, ainsi est l’homme qui erre loin de son lieu.

 
Tout homme a besoin d’un lieu ! Il a besoin de savoir où se trouve son chez soi ! Le chez soi est le lieu où l’on peut se reposer, se sentir en sécurité. Il n’est pas seulement le lieu où nous habitons ! Beaucoup, en effet, dans ce monde vivent dans des maisons sans qu’elles soient des nids pour eux. Il n’y règne pas la paix, mais la peur, la souffrance. Le propre de ceux qui ont été rachetés par Dieu est qu’ils n’avaient pas ici-bas trouvé leur lieu. Ils erraient dans le désert, sur une terre aride, ils ne trouvaient pas le chemin d’une ville où ils pussent habiter : Psaume 107,4. Béni soit Dieu ! Par Jésus-Christ, Il m’a ouvert la porte de Sa demeure ! J’ai enfin trouvé mon vrai nid !

 
27:9 L’huile et les parfums réjouissent le cœur, et les conseils affectueux d’un ami sont doux.

 
Il n’y a personne dans ce monde qui ne soit pas sensible à la douceur. La raison en est que la douceur porte toujours en elle un effet agréable au toucher ou au sentiment. Les conseils affectueux d’un ami ont le même effet pour l’âme que l’huile ou le parfum pour le corps. Ils lui apportent ce sentiment de bien-être, de réconfort que seul celui qui se sait aimé et compris ressent. Dans le monde cruel, insensible dans lequel nous vivons, avoir un ami qui nous exprime son affection est précieux. Peut-être nous est-il arrivé de vouloir faire entendre quelque chose à quelqu’un ! Sans aucun tact, nous lui avons dit en pleine face ce que nous avions à cœur qu’il sache. Le résultat n’a pas été celui que nous espérions ! Apprenons plutôt à manier l’arme de la douceur. Elle s’avère la plupart du temps beaucoup plus efficace, pour dire la vérité, que toute autre méthode ! Une des raisons pour lesquelles Jésus nous invite à venir à Lui est qu’Il est doux et humble de cœur : Matthieu 11,29. Imitons-le !

 
27:10 N’abandonne pas ton ami et l’ami de ton père, et n’entre pas dans la maison de ton frère au jour de ta détresse ; mieux vaut un voisin proche qu’un frère éloigné.

 
Il est facile dans la durée de ne plus être fidèle à ses amis ou aux amis anciens de la famille. La sagesse de Dieu nous dit que l’amitié est chose trop précieuse pour être méprisée. L’amitié n’est pas qu’un sentiment agréable entre deux personnes. Elle est aussi un investissement et un gage de consolation pour l’avenir. Trop de gens se rappellent aux bons souvenirs de leurs amis ou de leurs frères quand la catastrophe les atteint. Aussi s’étonnent-ils de ne pas trouver dans leur détresse une réponse adéquate. La faute n’en est pas aux amis, mais à la personne qui ne se soucie d’eux que quand elle est dans le besoin. Notre voisin n’est peut-être pas notre frère. Mais dans la difficulté, c’est vrai, un voisin proche vaut mieux qu’un frère éloigné. Est-ce que je soigne mes amitiés ? Mes amis ont-ils l’occasion de voir que je tiens à eux ? Que je ne m’étonne pas alors si, au jour du besoin, l’enthousiasme de leur cœur pour me secourir fait défaut !

 
27:11 Mon fils, sois sage, et réjouis mon cœur, et je pourrai répondre à celui qui m’outrage.

 
Ce n’est pas seulement ce que nous sommes individuellement qui témoigne pour nous, mais ce qui se dégage de notre famille. Un père peut vouloir parler aux autres des bienfaits qu’apporte dans la vie les préceptes de la Parole de Dieu. Mais si, dans la vie familiale, ses fils se comportent comme des impies, son témoignage risque fort de perdre beaucoup de sa pertinence. Le prophète Samuel était exemplaire, mais pas ses fils. Aussi, il ne put imposer son point de vue à Israël lorsque celui-ci lui fit la demande d’’être conduit comme toutes les autres nations par un roi : 1 Samuel 8,3 à 6. Ne minimisons pas la force qu’a, pour l’autorité des paroles que nous délivrons, l’exemple familial ! Il peut fermer la bouche à nos contradicteurs !

 
27:12 L’homme prudent voit le mal et se cache ; les simples avancent et sont punis.

 
Ce proverbe est une répétition, à l’identique ou à peu de mots près, de deux autres : Proverbes 14,16 ; 22,3. Il souligne de nouveau à quel point la prudence est la vertu des sages. Il n’y a, en effet, rien de honteux ni de lâche à fuir le mal lorsqu’on le voit venir. Le mal entraîne toujours dans son sillage le malheur. Seuls des naïfs peuvent penser qu’ils peuvent faire le mal sans en payer le prix. Le juste ne doit pas s’étonner s’il est calomnié parce qu’il ne court pas avec les autres dans leur débordement de débauche : 1 Pierre 4,4. Qu’il ne s’en attriste pas ! A la fin, ce n’est pas lui qui sera perdant, mais eux !

 
27:13 Prends son vêtement, car il a cautionné autrui ; exige de lui des gages, à cause des étrangers.

 
Ce proverbe est la répétition à l’identique de celui écrit en Proverbes 20,16. Il a pour but de rappeler combien c’est chose sérieuse que le fait de se porter garant pour autrui. Qui le fait ne doit pas agir à la légère, mais s’assurer de la fiabilité de la personne pour laquelle il se porte caution. S’engager de la sorte signifie en effet s’identifier à elle, faire cause commune avec elle. Aussi est-il juste que plus l’incertitude est grande au sujet de la personne couverte par le garant, plus le prêteur exige des assurances. Dieu ne nous appelle pas, au sujet des affaires de ce monde, à être naïfs, mais responsables !

 
27:14 Si l’on bénit son prochain à haute voix et de grand matin, cela est envisagé comme une malédiction.

 
Il y a des façons de faire qui, même si elles sont sincères, prêtent à mauvaise interprétation. Ainsi celle-ci qui pourrait cacher une intention intéressée. Que faire en pareil cas ? La première chose est d’être constant dans sa façon d’être ! Si nous n’avons pas l’habitude de bénir dès le matin notre prochain, on comprend que celui-ci se demande quels sont nos motifs si, soudainement, nous le faisons. La seconde est d’être modéré dans notre expression. Si nous initions une nouvelle habitude, nul n’est besoin de le faire à tue-tête. L’exagération ne peut qu’éveiller le soupçon. Si nous restons ce que nous sommes, nous aurons beaucoup plus de chance d’être cru. Régularité et modération sont deux initiateurs de confiance.

 
27:15 Une gouttière continue dans un jour de pluie et une femme querelleuse sont choses semblables.
27:16 Celui qui la retient, retient le vent, et sa main saisit de l’huile.

 
C’est le 4ème et dernier proverbe sur le sujet : Proverbes 21,9.19, 25,24. Comme les autres, il a pour objet de mettre en exergue quel fléau est pour la société une femme querelleuse. En complément de ce qui a déjà été dit sur le sujet, celui-ci souligne le caractère indomptable de celle-ci. La femme querelleuse est impossible à raisonner. Ne pouvant reconnaître qu’elle a tort, elle ne se laisse fléchir par aucun argument. Beaucoup de choses peuvent rendre la vie des autres pénible ; mais peu le sont autant que le fait de côtoyer une femme querelleuse !

 
27:17 Comme le fer aiguise le fer, ainsi un homme excite la colère d’un homme.

 
La traduction de ce verset dans cette version n’est pas heureuse. La plupart des autres ne font pas mention d’une quelconque colère. Elles expriment plutôt l’idée plus juste que c’est par le contact avec son prochain que le caractère de l’homme s’affine comme le fer se polit par le contact du fer. Dieu ne nous a pas appelés à vivre de manière solitaire. Nous avons besoin du contact des autres pour que le projet qu’Il a pour nous de nous configurer à l’image de Son Fils se réalise : Romains 8,29. C’est par le frottement des caractères différents que les traits de chacun sont modifiés de manière à ce que notre visage soit plus ressemblant à celui de Jésus. Nous n’apprenons jamais autant sur nous-mêmes, et sur notre besoin d’être transformés, que par le contact avec les autres.

 
27:18 Celui qui soigne un figuier en mangera le fruit, et celui qui garde son maître sera honoré.

 
Seuls ceux qui prennent à cœur la tâche qui est la leur en retirent les bénéfices. Chaque service, chaque responsabilité que nous avons nécessite de notre part à la fois passion et investissement. Un patron qui a des ouvriers, comme le maître qui a des serviteurs, voit tout de suite qui parmi tous en fait preuve. Joseph, chez Potiphar, en est l’exemple. Consacré à sa tâche, béni par Dieu, il trouva grâce aux yeux de son maître qui le nomma intendant de sa maison et lui confia tout ce qui lui appartenait : Genèse 39,4. Jésus le dit : au jour du tribunal de Christ, tous les serviteurs de Dieu ne seront pas gratifiés au même niveau : Luc 12,42 à 46. Au-delà des apparences et des résultats, chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due : 1 Corinthiens 4,5.

 
27:19 Comme dans l’eau le visage répond au visage, ainsi le cœur de l’homme répond au cœur de l’homme.

 
Le cœur de chacun est le miroir dans lequel se reflète son vrai visage. Nous pouvons nous faire toutes sortes d’idées sur nous-mêmes. Mais c’est ce qui sort de notre cœur qui nous dit qui nous sommes. Confessons-le : livrés à nous-mêmes, notre cœur n’est qu’un tas d’immondices. Il n’y a que la vie que donne le Saint-Esprit qui féconde notre cœur pour le bien, le beau et le vrai. Misérable que je suis sans Toi, ô Dieu ! C’est par Ta grâce seule que je suis ce que je suis !

 
27:20 Le séjour des morts et l’abîme sont insatiables ; de même les yeux de l’homme sont insatiables.

 
Notre bouche peut engloutir beaucoup de nourriture. Il arrive un moment pourtant où, rassasié, plus rien ne passe. Les limites de la bouche ne sont pas celles des yeux. Les yeux ne cessent jamais de voir, et si, à chaque instant, on leur présentait un spectacle nouveau, ils ne s’en lasseraient pas. Le monde des morts est lui aussi, dans son appétit, sans limite. Il peut y avoir en une journée des millions qui y basculent : il ne sera pas satisfait pour autant. Il faudrait, pour contrebalancer l’avidité du séjour des morts, que notre zèle pour annoncer la Vie soit aussi insatiable. Gloire à Dieu cependant ! La vision finale du royaume nous assure que des myriades seront devant le trône de Dieu et de l’Agneau pour Les adorer en éternité : Apocalypse 7,9.

 
27:21 Le creuset est pour l’argent, et le fourneau pour l’or ; mais un homme est jugé d’après sa renommée.

 
Pour éprouver leur qualité, les métaux précieux passent par un processus d’affinage. Le feu du creuset les éprouve et sépare ce qui est vil de ce qui est précieux. Le feu du creuset est un moment de vérité, un révélateur de la vraie nature des matériaux. L’homme aussi ne peut échapper au processus d’évaluation que connaît le métal précieux. Le critère qui détermine aux yeux des autres sa qualité est sa réputation. Aussi l’apôtre Paul invite-t-il de manière récurrente les enfants de Dieu à être irréprochables : Philippiens 2,15 ; 1 Thessaloniciens 3,13. Ne mésestimons pas la valeur d’une bonne renommée : elle donne inévitablement du crédit à ce que nous disons !

 
27:22 Quand tu pilerais l’insensé dans un mortier, au milieu des grains avec le pilon, sa folie ne se séparerait pas de lui.

 
Tout utilisateur du pilon sait à quoi celui-ci sert. Le but du pilon est de réduire en particules les plus fines une matière. Le grain pilonné n’est plus un grain : il s’est décomposé en une poudre faite d’infimes poussières qui, cependant, portent en elles l’ADN du grain. C’est dans l’ADN de sa nature que la folie de l’imbécile, du stupide, est gravée. On pourrait, si l’expérience était possible, le faire passer par le pilon : on ferait le constat que chaque cellule de son être resterait porteuse de sa folie. Le péché n’est pas, comme certains le pensent, une maladie qui nous arrive de l’extérieur. Il fait partie de notre être et en affecte toutes les fibres. Aussi, seule une nouvelle naissance peut faire de quelqu’un un être nouveau, libre de sa présence. On peut passer par toutes les épreuves possibles et imaginables : elles ne pourront en aucun cas nous libérer à elles seules du péché. Il nous faut d’abord une vie nouvelle !

 
Conseils à un pasteur : v 23 à 27

 
27:23 Connais bien chacune de tes brebis, donne tes soins à tes troupeaux ;
27:24 Car la richesse ne dure pas toujours, ni une couronne éternellement.
27:25 Le foin s’enlève, la verdure paraît, et les herbes des montagnes sont recueillies.
27:26 Les agneaux sont pour te vêtir, et les boucs pour payer le champ ;
27:27 Le lait des chèvres suffit à ta nourriture, à celle de ta maison, et à l’entretien de tes servantes.

 
Il y a pour tout métier quelque chose qui en constitue le cœur. L’oublier, c’est en oblitérer inévitablement l’avenir. Le cœur du métier de berger est la relation que celui-ci a avec son troupeau, et chacune des brebis qui le composent en particulier. Le berger peut être riche des gains que lui procure le troupeau. Mais il devra se garder comme de la peste de substituer la passion qu’il a pour son troupeau à celle qu’il pourrait avoir pour le profit qu’il en tire. Toute passion qui se met à la place de celle qui devrait être au cœur d’un métier finit tôt ou tard par le détruire. Tout métier, quel qu’il soit, se définit par quelque chose de précis. Etre berger, c’est paître un troupeau, en prendre soin. Aussi, la meilleure manière d’évaluer la pertinence de ce que nous faisons est de juger de notre attitude et de notre façon d’agir à la lumière de ce qui en fait le cœur. Il y a en effet un véritable piège pour chacun de réussir dans ce qu’il fait. La réussite peut aveugler nos yeux au point de nous faire perdre de vue ce qui est le cœur de notre vocation. Il nous faudra alors passer par la disette et l’échec pour comprendre que nous avons dévié. Puisque, dans le cas du berger, c’est le troupeau qui est la source de vie de la maison, c’est de lui par-dessus tout que le berger doit se préoccuper. Que Dieu me donne la grâce de toujours me souvenir de ce qui est le cœur de l’appel et de la vocation qu’Il m’a adressé !

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Livre des proverbes, chapitre 26

Métaphores diverses et proverbes sur l’insensé : v 1 à 12

26:1 Comme la neige en été, et la pluie pendant la moisson, ainsi la gloire ne convient pas à un insensé.

Il y a dans parfois dans la vie des associations inconvenantes. On voit mal une femme distinguée, de haute classe, se marier avec un soudard. Une chose est faite pour une autre, et quand elle n’est pas assortie avec elle, elle n’est pas à sa place. Ainsi en est-il de la gloire ! Elle ne convient pas à chaque homme. La gloire est le rayonnement de la beauté d’une personne. Elle est liée à ses qualités, ses vertus : son humilité, son esprit de service, son courage, sa fidélité… Aussi l’attribuer à quelqu’un qui n’en est pas digne, c’est lui accorder un honneur indu, déplacé. De manière absolue, à Dieu seul revient la gloire ! Dieu en est si jaloux qu’Il ne la partage avec personne : Esaïe 42,8. Si donc Il nous permet d’en recevoir quelques miettes, ce n’est que parce que quelque chose en nous Le reflète ! Veillons à ce que nos cœurs n’imitent pas le monde dans ce domaine ! Jésus était honteux pour les hommes de Son temps. Il était pour Dieu le plus grand sujet de gloire qui ait vécu ici-bas. Que notre fierté soit d’être trouvé en Lui !

26:2 Comme l’oiseau s’échappe, comme l’hirondelle s’envole, ainsi la malédiction sans cause n’a point d’effet.

Le juste, l’enfant de Dieu n’ont aucune crainte à avoir de ceux qui veulent les maudire. L’exemple du roi Balak, qui voulait qu’Israël soit maudit, et la réponse que lui fit le devin Balaam le démontrent. « Comment vouerais-je à la malédiction celui que Dieu n’a pas voué, dit-il : Nombres 23,8. » Le roi de Moab insista trois fois et trois fois le même scénario se produisit : Nombres 24,10. C’est que malédiction comme bénédiction ne sont pas au pouvoir de l’homme. Il y a un Dieu souverain qui décide de ce qui se produit pour chaque homme. Par Sa grâce, il arrive souvent que ceux qui veulent le mal pour Son peuple en soient pour leurs frais : Actes 23,21.31. Gardons confiance en Dieu ! Ce n’est pas un homme, mais Lui qui détient les clés de la mort et du séjour des morts : Apocalypse 1,18.

26:3 Le fouet est pour le cheval, le mors pour l’âne, et la verge pour le dos des insensés.

Le fouet qu’utilise le dresseur de chevaux et le mors qui se trouve dans la bouche de l’âne servent à une seule chose : les amener à dompter leur nature sauvage pour qu’ils obéissent : cf Jacques 3,3. Ainsi en est-il de l’usage du bâton sur le dos de l’homme stupide. Quand il est légitimé dans la Bible, l’usage de la violence ne poursuit jamais un but cruel. Il a pour objet de châtier l’insensé, le déraisonnable pour qu’il retrouve la voie de la sagesse et du bon sens. Dans l’éducation des enfants même, ce type de violence trouve sa place : Proverbe 23,13. N’opposons jamais l’amour à la correction. Ne les séparons jamais non plus : l’une alliée à l’autre sont d’une grande efficacité !

26:4 Ne réponds pas à l’insensé selon sa folie, de peur que tu ne lui ressembles toi-même.

26:5 Réponds à l’insensé selon sa folie, afin qu’il ne se regarde pas comme sage.

Malgré l’apparence, ces deux proverbes ne se contredisent pas. Ils ne visent simplement pas le même but. Dans le premier, ce n’est pas l’insensé qui est au centre de la préoccupation, mais celui qui est face à lui. Si face à quelqu’un qui est vulgaire ou en colère, celui qui le reprend agit de même, en quoi se distingue-t-il de lui ? Ce que ce proverbe dit donc est qu’il ne convient à personne de reprendre un autre s’il ne donne pas la preuve d’une conduite supérieure. Dans le second, ce n’est pas la personne qui est face à l’insensé qui est au centre de la préoccupation, mais lui. Il arrive souvent qu’aucune de nos remontrances n’agisse sur l’homme stupide pour l’amener à changer de voie. Ce proverbe propose donc de placer devant lui un miroir dans lequel il pourra se voir tel qu’il est pour qu’il prenne conscience de sa stupidité. Ce miroir sera nous-mêmes dans une parodie d’imitation. Selon la circonstance dans laquelle nous sommes, la sagesse nous poussera à pratiquer l’un ou l’autre de ces deux proverbes. Si le but premier est de préserver notre témoignage, ce sera celui qui est cité en tête que nous pratiquerons. Si, au contraire, l’objectif est de confondre l’insensé, ce sera le second !

26:6 Il se coupe les pieds, il boit l’injustice, celui qui donne des messages à un insensé.

Il ne suffit pas d’avoir quelqu’un sous la main pour lui déléguer une mission. Encore faut-il s’assurer qu’il possède les qualités morales pour la remplir convenablement. Les premières d’entre elles sont la rectitude de cœur et la fidélité. Elles sont les fondements de la fiabilité. Ce n’est que lorsque les disciples de Jésus ont reçu le Saint-Esprit qu’ils ont pu partir en mission en Son nom. Avant cette heure, l’Evangile le montre, aucun d’eux n’était un homme fiable. Seule une transformation profonde de notre être nous rend apte à servir Celui qui nous envoie dans ce monde comme Ses témoins ! Qu’Il me garde de Le déshonorer par une conduite insensée !

26:7 Comme les jambes du boiteux sont faibles, ainsi est une sentence dans la bouche des insensés.

Voulons-nous que nos paroles aient du poids et soient prises au sérieux ? Comportons-nous d’une manière sage aux yeux des autres et ce sera le cas ! Avons-nous déjà entendu, dans la bouche d’un homme, une parole qui sonnait faux ? La raison en est toujours la même ! C’est le décalage que l’on y trouve entre les propos et les actes ! Si les paroles de Jésus étaient revêtues d’autorité, elles le devaient à une seule chose : Jésus, contrairement aux hommes religieux de Son temps, faisaient ce qu’Il disait : Matthieu 7,28 ; 23,3. Jacques nous avertit dans sa courte lettre que le péché le plus facile à commettre est celui de la langue. Il précise à ce sujet que ceux qui veulent enseigner ne soient pas trop nombreux, car ils seront jugés plus sévèrement : Jacques 3. Passons notre vie au crible du test de ce proverbe ! Ce que je dis aux autres tient-il debout à la lumière de ma marche quotidienne avec Dieu ? Si ce n’est pas le cas, il n’est pas étonnant que mon ministère ou mon témoignage soit bancal !

26:8 C’est attacher une pierre à la fronde, que d’accorder des honneurs à un insensé.

Il n’est pas rare, qu’évoquant le caractère nuisible d’une personne dans ce monde, il est dit qu’il n’est que le produit de ceux qui l’ont fabriqué. La nature humaine est si mauvaise qu’elle offre mille moyens de faire d’un homme un monstre. L’un de ceux les plus usités est la flatterie. Faites croire à un homme stupide qu’il est quelqu’un, stimulez son orgueil pour qu’il se gausse de son importance, et vous en ferez vite une arme redoutable. Regardons ce qui s’est passé en Eden, lorsque le Malin a fait chuter nos premiers parents. Les choses n’ont pas changé depuis. L’orgueil est, d’une certaine manière, à la base de toute chute. Aussi quiconque le nourrit dans la vie d’un autre est complice de ce que cet autre deviendra. Il n’est certes pas interdit de complimenter une personne. Assurons-nous cependant que nous le faisons à bon escient. Seul celui qui sait que tout ce qu’il fait bien lui vient de Dieu est apte à recevoir quelque louange. C’est dans le Seigneur seul que nous devons nous glorifier !

26:9 Comme une épine qui se dresse dans la main d’un homme ivre, ainsi est une sentence dans la bouche des insensés.

L’épine d’ajonc, qu’évoque ce proverbe, n’est pas une petite épine. Sa taille variant de deux à cinq centimètres, c’est dire qu’elle est très visible. Il faut donc ne plus être dans un état normal pour s’en planter une dans la main. Tout aussi incongru que ce fait est le spectacle d’insensés devisant sur la sagesse. Leurs propos peuvent être exacts, ils ne révèlent que leur folie. « Comment de tels hommes peuvent-ils palabrer sur de telles vérités et se comporter de manière si éloignée de ce dont ils s’entretiennent, ne manquera pas de se demander un observateur ! » Prenons garde de ne pas confondre chez une personne connaissance et sagesse. La connaissance sans sagesse met en valeur notre folie. La sagesse vient de la mise en pratique de ce que nous connaissons.

26:10 Comme un archer qui blesse tout le monde, ainsi est celui qui prend à gage les insensés et les premiers venus.

Il ne suffit pas d’avoir un beau projet pour réussir. Encore faut-il s’adjoindre les personnes compétentes ! Si l’élaboration du projet demande réflexion, le recrutement des personnes censées le réaliser compte tout autant. Qui embauche le premier venu, sans s’assurer qu’il possède les qualités morales, l’éthique et les capacités pour être au poste qu’on lui attribue, court inévitablement à l’échec. A tous les niveaux d’autorité, il est vital que les bonnes personnes soient aux bons endroits. Si ce n’est le cas, il est inévitable qu’il y ait des souffrances, de la douleur et du déchirement. Abimélek, le fils de Gédéon, crut qu’il pouvait, pour asseoir sa royauté, se passer de la sagesse de ce proverbe. Il embaucha à gage des hommes de rien et des aventuriers. Le résultat final fut catastrophique pour lui : Juges 9. L’exhortation de l’apôtre Paul, au sujet de ce que nous construisons, est toujours d’actualité ! Oui qu’en toutes choses, que chacun prenne garde à la façon dont il bâtit : 1 Corinthiens 3,10.

26:11 Comme un chien qui retourne à ce qu’il a vomi, ainsi est un insensé qui revient à sa folie.

S’il y a des retours en arrière qui sont heureux, il y en a d’autres qui sont tragiques. Ce sont ceux qui nous ramènent à nos folies d’antan. On pourrait penser que celui qui, un jour, a vomi de sa vie une chose n’y revienne jamais plus ! Il n’y a rien de moins sûr ! Aucune rupture avec un péché, une tendance ou une habitude mauvaise du passé ne tient si il s ne sont pas immédiatement compensés par un attachement fort au bien. S’appuyant sur ce proverbe, l’apôtre Pierre avertit les croyants à qui il s’adresse. Il ne suffit pas d’avoir échappé, par la connaissance de Jésus-Christ, aux souillures du monde pour être certain de ne plus y retourner : 2 Pierre 2,17 à 22. Séparés de Lui, elles restent notre élément naturel ! Attachons-nous fortement à notre Seigneur, à Sa Parole, à la pratique du bien et de la piété. Seuls ces liens solides, tissés dans notre cœur et nos pensées ont la capacité de nous préserver de toute chute : Jude 1,24.

26:12 Si tu vois un homme qui se croit sage, il y a plus à espérer d’un insensé que de lui.

A cause de ce dont il est persuadé à son sujet, il n’y a pas grand-chose à attendre d’un homme qui se croit sage. S’il était insensé, il y aurait de l’espoir ! Peut-être, nous dirions-nous, qu’avec le temps et quelques expériences, va-t-il se rendre compte qu’il a beaucoup à apprendre ! Mais rien n’est à espérer dans ce sens du côté de celui qui sait déjà. On pourrait penser que celui qui se croit sage est un homme mûr, expérimenté. Rien n’est moins sûr ! Alors que, jusqu’à la fin, Paul aspirait à grandir à la ressemblance de Christ, les Corinthiens, beaucoup moins avancés que lui, se croyaient déjà arrivés : 1 Corinthiens 4,8. Ce n’est que par une sorte d’aveuglement que l’on peut avoir une telle opinion de soi. Que Dieu nous garde dans l’humilité d’apprendre !

Portrait du paresseux : v 13 à 16

26:13 Le paresseux dit: Il y a un lion sur le chemin, il y a un lion dans les rues !

26:14 La porte tourne sur ses gonds, et le paresseux sur son lit.

26:15 Le paresseux plonge sa main dans le plat, et il trouve pénible de la ramener à sa bouche.

26:16 Le paresseux se croit plus sage que sept hommes qui répondent avec bon sens.

Si le thème du paresseux est récurrent dans les proverbes, ce n’est sans doute pas le fait du hasard. Il y a là un trait certain de la nature humaine auquel nous devrions prêter plus d’attention. Les quatre affirmations citées ici ont pour objet de souligner les quatre traits principaux du paresseux :

  • Le premier est que le paresseux a toujours une excuse, une justification pour ne pas aller travailler. Celle-ci a beau relever de l’absurde le plus total, il finit par y croire dur comme fer. Le paresseux voit ainsi des obstacles là où il n’y en a pas. Parmi toutes ses craintes, aucune n’a de réel fondement. Elles relèvent toutes de son imaginaire conditionné par sa paresse.
  • Le second est que son lit est le lieu duquel le paresseux a le plus de mal à s’arracher. Le paresseux n’agit pas en responsable. Peu importe la nécessité de travailler pour gagner sa vie ! Ce qui compte en premier à ses yeux est la recherche de son bien-être personnel.
  • Le troisième est l’incapacité dont fait preuve le paresseux pour achever ce qu’il commence, y compris dans les choses les plus simples de la vie. Le paresseux se reconnaît ainsi par le fait qu’il ne persévère pas, mais qu’il abandonne rapidement. C’est là un trait facilement reconnaissable : aucun paresseux n’est ami avec l’effort.
  • Le quatrième est que le paresseux fait preuve d’un orgueil époustouflant. Alors qu’il n’a jamais donné une seule preuve à quiconque de sa capacité, il est le premier à vouloir conseiller les autres. Aussi, ses paroles sonnent-elles immédiatement faux.

Gardons-nous de la paresse ! Elle est un affront à Dieu qui a donné à tous des talents à faire fructifier à Sa gloire et pour le bien commun !

Disputes et querelles : v 17 à 26

26:17 Comme celui qui saisit un chien par les oreilles, ainsi est un passant qui s’irrite pour une querelle où il n’a que faire.

Il m’est arrivé, enfant, de faire ce que dit ce proverbe. Alors que je jouais avec une cousine plus jeune, le chien de mes grands-parents a cru que je l’attaquais. Aussi a-t-il voulu me mordre ! Pour me défendre, je l’ai saisi par les oreilles. Le résultat est que je n’ai fait, par ce geste, qu’attiser davantage sa colère contre moi. Mes mains ont gardé un moment le souvenir de cet épisode. Il serait sage pour nous de ne pas nous mêler d’une dispute qui ne nous concerne pas. Le danger en effet est que, à la fin, au lieu de s’apaiser, les choses s’enveniment encore plus et finissent par se retourner contre nous. Quand deux personnes qui se connaissent se disputent, il n’est pas sage qu’un tiers inconnu se mêle de leur histoire. Car qui est-il et que sait-il de chacun pour être entendu ?

26:18 Comme un furieux qui lance des flammes, des flèches et la mort,

26:19 Ainsi est un homme qui trompe son prochain, et qui dit : N’était-ce pas pour plaisanter ?

Il est des plaisanteries qui ne se font pas ! Ce sont celles qui causent un véritable préjudice à son prochain. Une plaisanterie a comme objectif de divertir ou de faire rire. Rire aux dépens de la confiance que les autres ont en nous n’est plus rire. Il peut arriver qu’un ennemi cherche à nous nuire en nous trompant. Ce mal peut être assumé. Mais quand le même tort nous est fait par un ami, sous couvert d’amusement, le mal occasionné est beaucoup plus profond. La plaisanterie comme motif de trahison est sans doute la motivation la plus absurde et la plus néfaste qui soit !

26:20 Faute de bois, le feu s’éteint ; et quand il n’y a point de rapporteur, la querelle s’apaise.

Une querelle, comme un feu de bois, a besoin d’apports nouveaux pour être alimentée. C’est là la mauvaise besogne à laquelle se donne le rapporteur. Le rapporteur ne recherche pas la paix. Son malin plaisir est de maintenir et d’entretenir le climat de discorde qui s’est installé entre des parties en conflit. Il fait ainsi l’œuvre du diable, le Diviseur. Le rapporteur est médisant. Il sait exactement quels propos rapporter et à qui pour consolider la mésentente. Selon Socrate, nos paroles au sujet d’un autre, pour valoir la peine d’être dites, devraient supporter le passage de trois filtres : celui de la vérité, celui de l’utilité et celui de la charité. Que, par Sa grâce, Dieu place dans notre conscience un mors pour contrôler notre bouche !

26:21 Le charbon produit un brasier, et le bois du feu ; ainsi un homme querelleur échauffe une dispute.

Il y a dans l’homme querelleur tous les ingrédients nécessaires à la dispute. A ce sujet, l’apôtre Paul est sans équivoque : tout homme qui sert Dieu doit absolument se garder de provoquer des querelles ; il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner et doué de patience : 2 Timothée 2,24. Evitons donc les discussions folles et inutiles, les disputes d’opinions qui font naître les querelles : 2 Timothée 2,23. C’est là la maladie et la manie des faux docteurs : 1 Timothée 6,3-4. Que notre gloire soit devant Dieu et les autres d’être des instruments de paix et de réconciliation.

26:22 Les paroles du rapporteur sont comme des friandises, elles descendent jusqu’au fond des entrailles.

Le rapporteur n’aurait pas tant de succès s’il n’y avait dans le cœur de ceux qui l’écoutent une disposition à recevoir ses paroles. Il n’y a pas que le cœur du rapporteur qui soit mauvais. Celui des personnes qui trouvent du plaisir à ses médisances l’est tout autant. Réagissons avec fermeté envers celui qui médit ou calomnie son prochain. C’est là le bien le plus grand que l’on fera à sa victime comme au coupable !

26:23 Comme des scories d’argent appliquées sur un vase de terre, ainsi sont des lèvres brûlantes et un coeur mauvais.

De belles paroles ne sont pas toujours la preuve d’un cœur bon, loin s’en faut ! Ils sont légion ceux dont les paroles dépareillent avec leurs intentions ! Ainsi en est-il de la séductrice. Ses paroles enjôleuses sont comme le miel : Proverbes 2,16 ; 5,3. Qui s’y laisse prendre suit un chemin qui finit dans l’amertume, voire la mort : Proverbes 2,18-19 ; 5,4-5. Le flatteur et le rapporteur sont aussi de ce nombre : Proverbes 26,22 ; 29,5. Jésus a mis en garde Ses disciples contre le danger, propre aux pharisiens et aux scribes de Son temps, de soigner le dehors pour cacher la misère et la saleté du dedans. Travaillons à l’unité de notre être, à la pleine concordance entre nos paroles et nos actes extérieurs avec notre vie intérieure. C’est à la loyauté du fond du cœur que Dieu prend plaisir : Psaume 51,8.

26:24 Par ses lèvres celui qui hait se déguise, et il met au dedans de lui la tromperie.

26:25 Lorsqu’il prend une voix douce, ne le crois pas, car il y a sept abominations dans son cœur.

26:26 S’il cache sa haine sous la dissimulation, sa méchanceté se révélera dans l’assemblée.

Ce proverbe rejoint, en le détaillant, le contenu de celui qui le précède ! Pour juger des intentions d’une personne, il est bon de la connaître dans son entièreté. Une voix douce doit correspondre à une douceur de caractère, sans quoi elle n’est qu’un leurre. La pire abomination qu’un homme puisse commettre est de revêtir l’apparence du juste pour mieux tromper les autres. Le vocabulaire employé peut être spirituel, le ton gracieux. Mais c’est pour mieux cacher la perfidie du cœur. Il est bon dans le doute de ne pas être seul à se forger un jugement sur quelqu’un qui nous paraît un dissimulateur. Ce jugement pourrait paraître subjectif. Si le méchant peut tromper un homme seul, il pourra plus difficilement arriver à ses fins dans l’assemblée. Tôt ou tard, les failles de son armure apparaîtront et laisseront voir la vraie personne qui s’y cache ! Oui ! Les méchants ne résistent pas au jour du jugement, ni les pécheurs dans l’assemblée des justes : Psaume 1,5.

26:27 Celui qui creuse une fosse y tombe, et la pierre revient sur celui qui la roule.

Qui conçoit le mal envers un autre n’a en tête que l’objectif de causer du tort à autrui. En vérité, c’est d’abord à lui-même qu’il nuit. C’est sa propre fosse que l’on creuse quand on travaille à faire chuter les autres. La preuve la plus évidente de cette vérité nous est donnée en Satan. A deux reprises au moins, sa perfidie s’est tournée contre lui-même : avec nos premiers parents, puis avec Jésus. Dans le premier cas, il a pu se féliciter un temps de sa réussite. Mais une terrible colère pèse désormais sur lui. Dans le second, il est défait du début à la fin. Sa seule attente est désormais celle de son jugement. L’ange glorieux et magnifique ne sera plus rien. Que par son exemple nous soyons avertis ! Nous pouvons faire le mal, mais nous ne pourrons échapper aux méfaits du mal que nous commettons ! Notre péché finira toujours par nous atteindre : Nombre 32,23.

26:28 La langue fausse hait ceux qu’elle écrase, et la bouche flatteuse prépare la ruine.

Une des plus grandes preuves d’amour que nous puissions donner à notre prochain est de lui parler avec vérité. Qui nous ment et nous flatte, nous pouvons en être sûrs, ne nous aime pas ! Nous ne pouvons pas connaître les intentions cachées des cœurs. Mais nous pouvons être sûrs d’une chose : l’amour et la vérité marchent de pair, la haine et le mensonge aussi. Les paroles de Jésus n’ont pas toujours été agréables à entendre pour ceux à qui elles s’adressaient. Ses adversaires durent cependant le reconnaître : elles n’ont jamais versées dans le mensonge ou la flatterie : Matthieu 22,16. C’est que le cœur de Jésus était tout amour ! Que jamais dans notre esprit nous ne séparions amour et vérité ! Les deux sont liées au même titre que les doigts de notre main !

 

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Livre des Proverbes, chapitre 25

25 :1 Voici encore des Proverbes de Salomon, recueillis par les gens d’Ézéchias, roi de Juda.

L’introduction donnée à cette partie du livre témoigne de la manière avec laquelle il a été constitué. Le livre des proverbes ne s’est pas formé d’un jet. Il se présente plutôt comme un recueil, une collection de collections de proverbes et de maximes. Si certains d’entre eux, la majorité, viennent de la plume directe de Salomon, d’autres, comme ceux qui viennent, ont été entendus et transmis oralement avant d’être incorporés au livre. En effet, des décennies séparent Salomon des gens d’Ezéchias, roi de Juda. Nous savons, par le témoignage de l’Ecriture, que le temps d’Ezéchias fut pour Juda un temps de retour à Dieu : 2 Chroniques 29 à 32. Il n’est donc pas étonnant de voir resurgir dans cette période un goût nouveau pour les préceptes de la sagesse, en particulier ceux qui touchent à la royauté ou à la bonne façon de se conduire envers les grands. Le fait que les gens d’Ezéchias aient pu garder le souvenir de proverbes énoncés par Salomon est un témoignage puissant de la force intrinsèque à la Parole de Dieu. Pour un temps, l’Eternel peut-être oublié, Sa Parole mise de côté, le culte détourné. Pour autant, la semence de la Parole de Dieu n’est pas perdue. Cachée en terre, elle attend les conditions qui lui seront favorables pour germer et porter du fruit. Ils sont légion les exemples dans l’histoire d’hommes dont les paroles, les prédications continuent longtemps après leur mort d’être répétées pour édifier le peuple de Dieu. Que, par la grâce de Dieu, nous soyons tous des sources au travers desquelles d’autres peuvent avoir accès à l’eau de la vie !

Proverbes en relation avec les rois : v 2 à 7

25:2 La gloire de Dieu, c’est de cacher les choses ; la gloire des rois, c’est de sonder les choses.

Alors que Job demandait à Dieu de se justifier quant à l’épreuve qu’il traversait, Celui-ci se borna à lui répondre par de multiples questions auxquelles il ne put apporter aucune réponse : Job 38 à 41. Job comprit alors la folie qui était la sienne, celle qui consiste à vouloir demander des comptes à Dieu. La Parole de Dieu ne cesse de nous le dire : nul ne peut prétendre sonder les pensées de Dieu, parvenir à la connaissance parfaite du Tout-Puissant : Job 11,7. Quel que soit le degré d’intelligence spirituelle dont un homme peut faire preuve, il lui sera impossible de cerner Dieu. C’est là un des aspects de la gloire de Dieu d’échapper à toute investigation ! L’infinité de Dieu, pour autant, ne doit pas nous dissuader de chercher à Le découvrir. Au contraire ! Si la gloire de Dieu est d’être impénétrable, c’est une gloire royale pour un homme que de pénétrer dans Sa connaissance pour explorer Sa grandeur ! Voulons-nous goûter à ce qui, réservé par Dieu, est le miel du savoir ? Entrons dans la découverte, l’exploration du Dieu infini et insondable ! Nous serons alors rois et reines dans Son royaume !

25:3 Les cieux dans leur hauteur, la terre dans sa profondeur, et le cœur des rois, sont impénétrables.

Il est une constante que l’on retrouve, au sujet des rois, dans l’entourage de ceux qu’ils côtoient. Elle est si réelle qu’elle fait souvent l’intrigue des romans historiques qui ont la royauté comme sujet. C’est le mystère qui entoure ce qui se trouve dans le for intérieur des souverains. Leurs courtisans, dont la préoccupation principale est d’être l’objet de leur faveur, aimeraient le savoir. Mais le fond de la pensée des rois ne cesse de leur échapper. Cette part de mystère est, d’une certaine façon, nécessaire. Elle entretient la crainte à l’égard du souverain. Elle rappelle que, si aujourd’hui il est favorable à certains, cela peut changer demain. Cette crainte n’existe pas pour l’enfant de Dieu. Par Jésus-Christ, Il lui a ouvert Son cœur. Jésus a dit à Ses disciples qu’Il ne les appelle plus serviteurs, mais amis, parce que, ajoute-t-il, Je vous ai fait connaître tout ce que J’ai appris de Mon Père : Jean 15,15. Louons Dieu, notre Roi ! Nous n’avons à redouter de Sa part, ni revirement d’humeur, ni mauvaise surprise à notre égard ! Ce qu’Il promet, Il le tient ! Ce à quoi Il s’est engagé envers nous, Il l’accomplit !

25:4 Ote de l’argent les scories, et il en sortira un vase pour le fondeur.

25:5 Ote le méchant de devant le roi, et son trône s’affermira par la justice.

Si le roi est souverain dans les faveurs qu’il accorde, il n’est pas pour autant libre de toute influence. Suivant le conseiller qu’il écoute, il exercera la royauté avec plus ou moins de justice. Il en est du roi comme de tous les hommes, à qui peut s’appliquer cette maxime : « Dis-moi qui tu écoutes, et je te dirai qui tu seras ! » Un royaume ne se bâtit rarement seul. Même les plus grands tyrans ont leur éminence grise qui oriente leurs décisions. Qui, par son influence, réussit à écarter le méchant de l’entourage du roi, ne fait pas seulement du bien à celui-ci, mais à tous ses sujets. C’est pourquoi il nous faut prier, non seulement pour ceux qui nous dirigent, mais pour ceux qui les conseillent ! D’eux dépend aussi la justice et la tranquillité dans le pays !

25:6 Ne t’élève pas devant le roi, et ne prends pas la place des grands ;

25:7 Car il vaut mieux qu’on te dise : Monte-ici ! Que si l’on t’abaisse devant le prince que tes yeux voient.

Quelle que soit la circonstance, il n’est jamais opportun pour personne de jouer des coudes pour occuper une place d’honneur. Ce n’est pas à nous en effet de décider quel sera notre rang dans la cohorte des personnes invitées ou présentes lors d’une rencontre, mais à celui qui en est l’hôte. Toute présomption de notre part à ce sujet tournera à notre honte. Mieux nous vaut donc faire preuve de modestie et d’humilité en nous mettant à la dernière place. Nous aurons la joie de voir de maître de céans lui-même nous honorer en nous invitant à occuper notre juste position : cf Luc 14,7 à 11. Retenons la leçon qu’a donnée Jésus lui-même, en contextualisant ce proverbe pour Ses disciples : quiconque s’élève sera abaissé et quiconque s’abaisse sera élevé !

De la bonne manière d’éviter des conflits inutiles : v 8 à 10

25:8 Ne te hâte pas d’entrer en contestation, de peur qu’à la fin tu ne saches que faire, lorsque ton prochain t’aura outragé.

25:9 Défends ta cause contre ton prochain, mais ne révèle pas le secret d’un autre,

25:10 De peur qu’en l’apprenant il ne te couvre de honte, et que ta mauvaise renommée ne s’efface pas.

Quel que soit le différend qui nous oppose à quelqu’un, nous devons absolument nous garder de nous faire accusateur. Dans le conflit, reconnaissons-le : c’est là la réaction instinctive de la chair. La chair ne sait pas résoudre autrement une tension que par la querelle. Or, les querelles, les disputes n’arrangent jamais rien. Elles finissent toujours par dresser davantage les uns contre les autres et par tourner les situations à la confusion des vindicatifs. Un 2ème principe à suivre dans la résolution d’un différend est de ne jamais utiliser ce que l’on sait d’un autre pour appuyer sa propre défense. Les propos que nous utilisons pour nous défendre ne doivent jamais dépasser le cercle des personnes présentes. Si, par la suite, nous voulons inclure d’autres témoins, nous pouvons le faire. Mais il ne sera jamais légitime de notre part de prendre d’autorité, pour notre défense, un prochain absent comme avocat. Veillons à ces quelques principes de sagesse : ils nous éviteront dans bien des cas d’envenimer des situations tendues qui auraient pu se régler facilement.

Comparaisons diverses : v 11 à 14

25:11 Comme des pommes d’or sur des ciselures d’argent, ainsi est une parole dite à propos.

On aurait tort de réduire la beauté à ce qui est physique. Il y a dans les paroles des sages un aspect de celle-ci qui provoque l’admiration. Une parole dite à propos embellit fortement une conversation. Elle est comme un ornement qui habille une phrase et la rend mémorable. Le mot juste ne constitue pas en lui-même la réponse à la préoccupation de ceux qui échangent. Mais il agrémente d’une telle manière le propos que celui-ci en devient lyrique. Le Saint-Esprit agit de bien des manières. Une de ses tâches de prédilection est de donner à ceux qu’Il inspire des paroles de sagesse. Jésus en est la démonstration. Nombre de fois, ses adversaires voulurent le piéger par Ses paroles. Ils n’y sont jamais arrivés. Ses paroles, telles « Rendez à césar ce qui appartient à César et à Dieu ce qui est à Dieu », étaient des pommes d’or sur des ciselures d’argent. Que la sagesse de Dieu nous donne aussi, en toutes circonstances, d’orner nos échanges de telles propos, capables de confondre nos opposants : cf Actes 4,13.

25:12 Comme un anneau d’or et une parure d’or fin, ainsi pour une oreille docile est le sage qui réprimande.

La belle parole, dite à propos, n’est pas le seul ornement oral qui sorte de la bouche du sage. La réprimande juste, adaptée, l’est aussi pour celui qui est prêt à l’entendre. Dans le monde individualiste et orgueilleux dans lequel nous vivons, le reproche est trop souvent perçu comme un jugement. Selon le livre des proverbes, la réprimande n’est pas négative. Elle est, au contraire, l’une des voies courantes menant à la sagesse : Proverbes 1,23.25.30 ; 5,12 ; 10,17 ; 12,1 ; 13,1.8.18 ; 15,5.10.31-32 ; 17,10 ; 25,12 ; 27,5. Nous pouvons nous targuer de notre sagesse et de notre maturité spirituelle. Une bonne manière de les évaluer est de considérer la façon avec laquelle notre cœur reçoit la réprimande. Pour qui veut apprendre, elle est, tel un bijou, un cadeau, une preuve d’amour ! Que, par sa grâce, Dieu nous donne de la recevoir comme telle !

25:13 Comme la fraîcheur de la neige au temps de la moisson, ainsi est un messager fidèle pour celui qui l’envoie ; il restaure l’âme de son maître.

Un autre proverbe le souligne : un homme fidèle n’a pas de prix : Proverbes 20,6. A combien plus forte raison lorsqu’il s’agit d’un serviteur ! Il y a pour celui qui est à la tête d’une entreprise de multiples causes de soucis et de désappointements possibles. La tâche est parfois si ardue qu’elle en devient écrasante, comme un soleil d’été ! Dans une telle conjoncture, pouvoir compter pour un chef sur un employé, un serviteur ou un collaborateur sûr est une vraie source de réconfort. L’homme fidèle, quand on l’interroge, ne trouve rien d’extraordinaire à sa conduite. Il est cependant, telle la fraîcheur de la neige en été, un élément si antithétique à l’environnement général qu’il en est automatiquement remarquable. Que Dieu donne à chacun de nous, Ses enfants dans le monde, de ne pas être noyer dans la masse, mais de nous distinguer clairement de notre entourage par les vertus de notre attachement à Sa Personne !

25:14 Comme des nuages et du vent sans pluie, ainsi est un homme se glorifiant à tort de ses libéralités.

Si l’homme fidèle est une source de rafraîchissement pour celui qui mise sur lui, il en est à l’inverse pour celui qui déçoit. On peut se vanter de beaucoup de choses ! Mais si, pour ceux qui ont attendu et espéré le soutien que promettaient nos paroles, rien n’est venu, nous ne sommes rien d’autre qu’une source de déconvenue. Mieux aurait valu pour nous ne rien leur promettre que de leur faire miroiter un apport qu’ils n’ont jamais reçu. Ne nous hâtons pas de faire de grandes promesses aux autres. Mieux vaut une parole suivie d’effet que dix qui, tels les nuages, passe au-dessus de nos têtes sans rien déverser !

Des bienfaits de la tempérance

25:15 Par la lenteur à la colère on fléchit un prince, et une langue douce peut briser des os.

Trop souvent, nous pensons à tort que la puissance se trouve dans l’exercice de la force. Pour assurer leur domination, les chefs des nations les tyrannisent et les grands les asservissent, dit Jésus : Matthieu 10,25. Les armes avec lesquelles l’enfant de Dieu combat ne relèvent pas de cet ordre. Elles doivent, au contraire, procéder de l’Esprit de Dieu, de Son fruit dans sa vie. L’enfant de Dieu doit être convaincu, avec son Maître, qu’il y a plus de pouvoir dans la maîtrise de soi que dans l’emportement, dans la douceur que dans l’autoritarisme. La colère de l’un, nous le savons, a besoin de la colère de l’autre comme combustible. Privée de ce répondant, elle s’éteint d’elle-même. Qui que ce soit que nous voulions gagner, surtout si nous avons à faire à un grand, apprenons à utiliser les armes que nous donne l’Esprit. Nous aurons la joie de voir Dieu agir, non seulement dans notre propre vie, mais aussi dans celle du prochain à qui nous nous adressons.

25:16 Si tu trouves du miel, n’en mange que ce qui te suffit, de peur que tu n’en sois rassasié et que tu ne le vomisses.

Si le premier bienfait de la tempérance se voit dans les relations que nous avons avec notre prochain, la portée de celle-ci ne se limite pas à cela. La tempérance est un fruit de l’Esprit nécessaire pour notre propre bien. Il y a dans la création un principe qui fait que les bonnes choses que Dieu nous donne ne restent bonnes que si nous n’en abusons pas. Au-delà d’une consommation sage, mesurée, elles se pervertissent. Ce qui était bon devient amer, ce qui était un plaisir commence à dégoûter. Quels que soient la saveur ou le goût qu’ait une chose, gardons-nous de tout excès ! C’est là le plus sûr moyen de continuer à l’apprécier !

25:17 Mets rarement le pied dans la maison de ton prochain, de peur qu’il ne soit rassasié de toi et qu’il ne te haïsse.

La tempérance est un principe qui doit aussi avoir cours dans les relations sociales courantes. Qui d’entre nous déjà n’a pas été excédé par l’intrusion intempestive d’un prochain envahissant : coups de téléphone répétés à des heures indues, visites au mauvais moment… Ayons le souci, lorsque nous visitons quelqu’un, de préserver sa souveraineté ! Ne lui imposons pas notre présence de manière exagérée ! Préoccupons-nous de savoir si elle est opportune ou non ! Il suffit parfois de peu, un manque de sagesse ou de prévenance, pour que, du plaisir, une relation bascule dans une lassitude pesante !

Analogies négatives diverses

25:18 Comme une massue, une épée et une flèche aiguë, ainsi est un homme qui porte un faux témoignage contre son prochain.

Chacun pourrait en témoigner ! Il y a des propos qui, dans la vie, font aussi mal à l’âme que des coups et des blessures occasionnés par des armes pour le corps. Tel est le faux témoignage que quelqu’un rend au sujet d’un autre. Une telle perfidie est comme une massue : elle nous laisse KO ! Elle est comme une épée qui blesse jusqu’au tréfonds de l’être, ou une flèche qui perce le cœur ! La vérité dans nos paroles au sujet d’un autre a une telle importance pour Dieu qu’Il en a fait le 9ème commandement de Sa loi : Exode 20,16. Si la vérité est nécessaire dans toutes nos relations, combien davantage doit-elle l’être entre frères et sœurs en Christ ! Car, dit l’apôtre Paul, nous sommes membres les uns des autres : Ephésiens 4,25 ! Sachons-le ! Mentir au sujet de son frère, c’est mentir non seulement à la communauté, mais à Christ Lui-même, la tête du corps !

25:19 Comme une dent cassée et un pied qui chancelle, ainsi est la confiance en un perfide au jour de la détresse.

Une confiance mal placée est toujours inévitablement une cause de déception. Aussi est-il nécessaire, avant de se fier à une personne, de chercher à la connaître. Cela d’autant plus si nous passons par la détresse, moment où nous sommes particulièrement vulnérables. Combien est précieuse, dans les jours de grisaille, le soutien d’une communauté de personnes sûres, fiables, désintéressées. C’est ce que doit être l’Eglise de Jésus-Christ pour ceux qui sont en son sein. Les pieds de chacun de nous peuvent chanceler. Mais que jamais ce ne soit à cause de frères et sœurs qui se sont montrés retors. Malheur, dit Jésus, à celui qui est une cause de scandale pour un de ses petits qui croient en lui. Mieux aurait valu pour lui qu’il meure que de causer un tel tort : Luc 17,1-2.

25:20 Oter son vêtement dans un jour froid, répandre du vinaigre sur du nitre, c’est dire des chansons à un coeur attristé.

Tout ne se fait pas ! Il y a des états d’âme qui, pour être secourus, nécessitent une réaction appropriée. La Bible nous invite à pleurer avec ceux qui pleurent et à nous réjouir avec ceux qui se réjouissent : Romains 12,15. Faire l’inverse, c’est être à contresens de ce dont le cœur a besoin à l’instant. Si nous ne savons pas comment réagir face à la détresse d’un autre, laissons parler le bon sens ! Mettons-nous à sa place et voyons ce que nous n’aimerions pas que les autres fassent pour nous à ce moment ! Au pire, mieux vaut pour nous ne rien faire que de créer la confusion par une manière d’agir stupide !

25:21 Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain à manger ; s’il a soif, donne-lui de l’eau à boire.

25:22 Car ce sont des charbons ardents que tu amasses sur sa tête, et l’Éternel te récompensera.

Dans l’esprit de trop de croyants persiste l’idée que le fait de répondre par l’amour à ses ennemis est un apport de Jésus. Ce proverbe le dément. La loi déjà, à plusieurs reprises, invite le juif pieux, face à l’hostilité d’un ennemi, à faire preuve de bienveillance : Exode 23,4-5.  Un exemple de mise en pratique de ce précepte nous est fourni par Elisée qui ordonne qu’un festin soit préparé pour les soldats araméens qu’Israël a fait prisonniers : 2 Rois 6,21-23. Certes, Jésus a pris à contrepied l’enseignement que les juifs de Son époque avait reçu. Mais celui-ci venait davantage des docteurs de la loi de Son temps que de la Parole : Matthieu 5,38 à 45. Il se peut que par le bien que l’on fait à celui qui nous veut du mal, on gagne son cœur. Le résultat n’est pas assuré d’avance. Dans le cas contraire, notre action n’aura pas été sans conséquence. Elle augmente sur la tête de celui qui ne change pas d’attitude le poids du courroux divin, et amplifie la récompense destinée au juste. Que nous le sachions : quel que soit l’angle sous lequel on aborde la question du mal, le bien et l’amour restent la meilleure réponse à lui apporter !

25:23 Le vent du nord enfante la pluie, et la langue mystérieuse un visage irrité.

Il y a des causes qui produisent toujours les mêmes effets. Toute la science de la météorologie est basée sur ce principe. Ce qui est vrai sur le plan physique, l’est aussi sur le plan psychologique. La simple observation des choses suffit la plupart du temps à anticiper l’effet qu’aura une cause. De manière générale, les hommes n’aiment pas la vérité. Mais ce qu’ils supportent le moins, c’est qu’on leur cache des choses. La dissimulation les met en colère. Ne permettons pas au sein du peuple de Dieu que se cultive l’ambigüité. Sachons être franc et parler avec vérité les uns aux autres : Ephésiens 4,25. C’est là le seul moyen d’établir un vrai climat de confiance entre frères !

25:24 Mieux vaut habiter à l’angle d’un toit, que de partager la demeure d’une femme querelleuse.

C’est la seconde fois que l’on trouve écrit à la lettre ce proverbe dans le livre : Proverbes 21,9. Il souligne de nouveau à quel point la condition d’un homme mariée à une femme querelleuse est difficile et inconfortable. Par contraste, il nous invite à apprécier l’épouse qui ne vit pas de cette manière dans sa relation avec son mari. Sachons aussi, pour notre part, ne pas alimenter les vaines querelles qui peuvent se produire dans nos foyers. Il est si agréable pour tous de chercher la paix !

Métaphores diverses

25:25 Comme de l’eau fraîche pour une personne fatiguée, ainsi est une bonne nouvelle venant d’une terre lointaine.

On aurait tort de penser que les ressources intérieures suffisent pour retrouver, en toutes circonstances, le moral et l’énergie pour avancer. Pour notre bien, Dieu utilise aussi le moyen d’apports extérieurs inattendus en vue de notre renouvellement. Tel est l’effet d’une bonne nouvelle qui nous arrive de loin à un moment propice. Il y a danger pour chaque croyant à considérer qu’il n’est que spirituel. Comme tous les autres hommes, il a aussi un corps et une âme qui peuvent être fatigués, épuisés. Ceux-ci nécessitent que l’on prenne soin d’eux. Aussi, l’aide de Dieu se porte-t-elle sur la personne entière du croyant et ses ressources visent-elles l’être dans toutes ses dimensions. Ne négligeons pas pour notre part tout ce que nous pouvons faire pour le corps et l’âme des autres. Ce ne sont pas à ceux qui auront dit de belles vérités et donné de beaux encouragements par la bouche que Jésus adresse Son invitation à entrer dans Son royaume, mais à ceux qui auront su répondre aux besoins pratiques de leurs frères en temps voulu : Matthieu 25,31 à 40.

25:26 Comme une fontaine troublée et une source corrompue, ainsi est le juste qui chancelle devant le méchant.

Si une bonne nouvelle inattendue peut avoir un effet bienheureux sur l’âme, l’inverse se produit lorsque le juste cède devant le méchant. Pour ceux qui vivent dans son entourage, le juste est perçu comme une source de vie. Chaque fois qu’ils viennent vers lui pour y puiser des ressources, ils s’attendent à y trouver clarté et qualité. Celles-ci perdurent aussi longtemps que le juste vit dans l’intégrité. Mais vient-il à la perdre qu’aussitôt le modèle qu’il inspirait s’altère et déçoit. Parce qu’elle rend un témoignage objectif, la Bible souligne la rareté des hommes toujours justes dans l’histoire. Un seul aura fait preuve, de manière permanente, d’exemplarité et de constance dans la fermeté à l’égard du mal : Jésus-Christ. C’est pourquoi Lui seul est une fontaine de vie !

25:27 Il n’est pas bon de manger beaucoup de miel, mais rechercher la gloire des autres est un honneur.

Aussi bon que soit le miel, il n’est pas sage de s’en empiffrer. Les choses bonnes que Dieu nous donne sont pour notre joie et notre plaisir. Mais, pour qu’elles le restent, elles doivent toutes être prises avec mesure. Il est une chose pour laquelle, cependant, nous ne courrons aucun risque d’être dans l’excès. C’est celle qui consiste à travailler à ce que la beauté qui émane de la personnalité des autres, de leurs dons et talents, soit valorisée. C’est ce à quoi le Christ travaille par Son œuvre en nous. Sa volonté dans l’Eglise est que la parcelle de sagesse qu’Il a mise en chacun de Ses élus brille de tous ses feux, de manière à ce que la gloire de Dieu soit magnifiée en eux : Ephésiens 3,10. Quelle est ma préoccupation première : travailler à la magnificence de ma gloire ou à celle de Dieu dans les autres ?

25:28 Comme une ville forcée et sans murailles, ainsi est l’homme qui n’est pas maître de lui-même.

Autrefois, les murailles d’une ville étaient sa défense principale ; sans elle, la ville était une proie facile pour ses ennemis. Ce proverbe nous avertit du danger que court notre âme si nous ne développons pas, avec l’aide de Dieu, une capacité à la maîtrise de soi. Alors qu’il s’approche de nous, l’ennemi sait exactement quelle partie de notre être est la plus fragile, celle qui offrira le moins de résistance à ses appels ou à la tentation. La maîtrise de soi, le plein contrôle de sa liberté intérieure est l’objectif que vise le Saint-Esprit en nous : Galates 5,13.

Bien qu’ayant été tentés comme nous en toutes choses : Hébreux 4,15, Jésus a toujours gardé en toutes circonstances le plein contrôle sur ce qui entrait dans sa vie. Qui de vous me convaincra de péché, a-t-Il lancé comme un défi à Ses adversaires : Jean 8,46. Parlant du prince de ce monde, Il dira : il n’a rien en moi : Jean 14,30. Bien qu’Il soit Fils de Dieu, Jésus a toujours exercé une forte discipline spirituelle : temps à part avec Dieu quotidien tôt le matin, vision claire de la réalité qui l’entourait…

Notre vie de piété est-elle suffisamment conséquente pour nous armer contre les tentations et les sollicitations extérieures. Connaissons-nous nos points faibles, ceux qui sont une zone de résistance moindre aux attaques de l’ennemi ?

 

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